L'expulsion dans les affaires de drogue aux Émirats

L'expulsion dans les affaires de drogue aux Émirats

Les affaires de stupéfiants aux Émirats arabes unis entraînent des conséquences juridiques qui ne se limitent pas à l'emprisonnement ou à l'amende\u00A0: le prévenu étranger peut également faire l'objet d'un jugement d'expulsion du pays à l'issue de l'exécution de la peine. L'impact de l'expulsion sur le condamné, sa famille et son avenir professionnel et social peut être plus lourd que la peine initiale elle-même, en particulier s'il a passé de longues années dans le pays ou si sa famille et ses intérêts y sont établis. Pour autant, une accusation dans une affaire de stupéfiants ne rend pas l'expulsion automatiquement définitive\u00A0; la question dépend de l'établissement de la culpabilité, de la qualification juridique des faits, de la loi en vigueur au moment de leur commission, et de l'existence éventuelle de l'un des cas que le législateur a exclus de l'expulsion.

Que signifie l'expulsion dans les affaires de stupéfiants\u00A0?

L'expulsion est une mesure qui contraint la personne étrangère à quitter les Émirats arabes unis et lui interdit d'y demeurer. Dans les affaires de stupéfiants, il s'agit le plus souvent d'une expulsion judiciaire, prononcée dans le cadre même du jugement pénal de condamnation. Cela diffère de l'expulsion administrative, qui peut être prononcée par l'autorité compétente en application de la législation régissant l'entrée et le séjour des étrangers, même si la personne détient un visa ou un titre de séjour valide. La loi et son règlement d'application organisent l'expulsion judiciaire et l'expulsion administrative comme deux voies indépendantes, tant par l'autorité qui les prononce que par le fondement juridique appliqué.

La règle juridique applicable à l'expulsion dans les infractions liées aux stupéfiants

La législation fédérale relative à la lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes, dans sa version modifiée en vigueur depuis le début de l'année 2026, prévoit que le tribunal prononce l'expulsion de l'étranger condamné pour l'une des infractions prévues par la loi. La règle générale est ainsi devenue le prononcé de l'expulsion dès lors que l'étranger est condamné pour une infraction liée aux stupéfiants, que les faits concernent la consommation, la détention en vue de la consommation, l'usage personnel, la promotion, le trafic, l'importation ou la facilitation, sauf si l'un des cas d'exception prévus par la loi est établi. Cette règle ne se limite pas aux infractions de trafic ou de promotion assorties de peines aggravées\u00A0; le texte est rédigé de manière générale pour viser tout étranger dont la culpabilité est établie pour l'une des infractions prévues par la législation.

L'expulsion est-elle obligatoire dans toutes les affaires de stupéfiants\u00A0?

En principe, le tribunal prononce l'expulsion de l'étranger dès sa condamnation, mais la législation prévoit deux cas d'exception précis dans lesquels la mesure d'expulsion peut ne pas être appliquée. La simple résidence prolongée dans le pays, l'exercice d'un emploi ou d'une activité commerciale, ou le fait qu'il s'agisse d'une première infraction, ne suffisent pas, à eux seuls, à écarter automatiquement l'expulsion. La situation du condamné doit relever de l'un des deux cas définis par la loi, et les documents établissant que leurs conditions sont réunies doivent être produits devant le tribunal.

Les deux cas dans lesquels le condamné peut être exempté de l'expulsion\u00A0: avoir été, au moment de la commission de l'infraction, l'époux ou l'épouse d'un citoyen émirien ou son parent au premier degré\u00A0; ou être membre d'une famille résidant aux Émirats arabes unis, lorsque le tribunal estime que l'expulsion causerait un préjudice grave à la stabilité de la famille ou priverait l'un de ses membres des soins nécessaires, la capacité financière de la famille à assurer le traitement du condamné étant par ailleurs établie.

Premier cas\u00A0: l'époux ou le parent au premier degré d'un citoyen

Est exempté de l'expulsion celui qui, au moment de la commission de l'infraction, était l'époux ou l'épouse d'un citoyen émirien, ou son parent au premier degré par filiation. L'importance de l'expression «\u00A0au moment de la commission de l'infraction\u00A0» tient au fait que le lien doit exister au moment des faits objets de l'accusation\u00A0; le mariage avec un citoyen postérieur à la commission de l'infraction ne suffit donc pas, à lui seul, à remplir la condition de cette exception. Le lien doit être établi par des documents officiels, tels que le contrat de mariage, l'extrait du registre familial, les actes de naissance, et tout autre document démontrant le lien de parenté et sa date d'établissement.

Second cas\u00A0: l'appartenance à une famille résidant aux Émirats arabes unis

Le condamné peut être exempté de l'expulsion s'il est membre d'une famille résidant aux Émirats arabes unis, lorsque le tribunal estime que son expulsion causerait un préjudice grave à la stabilité de la famille, ou priverait l'un de ses membres des soins ou du soutien nécessaires. Le tribunal doit également constater la capacité financière de la famille à assurer le traitement du condamné. La loi définit la famille, dans ce cadre, comme comprenant les grands-parents, les parents, les enfants et la fratrie. La défense ne doit donc pas se limiter à démontrer la présence de membres de la famille dans le pays, mais doit aussi préciser la nature de leur dépendance envers le condamné et le préjudice réel qu'ils subiraient du fait de son expulsion, preuves à l'appui.

Quels documents appuient une demande d'exception\u00A0?

Les documents varient selon les circonstances de chaque affaire, et peuvent inclure le contrat de mariage et l'extrait du registre familial ou les actes de naissance\u00A0; les titres de séjour des membres de la famille et la preuve de leur résidence effective dans le pays\u00A0; les rapports médicaux concernant le condamné ou l'un des membres de sa famille\u00A0; les documents établissant le besoin de soins d'un enfant, d'un malade ou d'une personne en situation de handicap\u00A0; les certificats de salaire, relevés de compte et documents attestant la charge de famille\u00A0; ce qui établit l'absence d'une autre personne capable d'assurer les soins ou le soutien nécessaires\u00A0; un plan de traitement ou de réhabilitation délivré par une autorité compétente\u00A0; et ce qui prouve la capacité financière de la famille à assumer les frais de traitement. Tous les documents n'ont pas la même valeur\u00A0; ce qui compte n'est pas leur nombre, mais leur lien avec les conditions de l'exception et leur capacité à établir le préjudice grave qu'entraînerait l'expulsion.

Une première consommation ou une simple détention empêchent-elles l'expulsion\u00A0?

Le fait qu'une affaire concerne une première consommation ne constitue pas, à lui seul, une exception autonome à l'expulsion\u00A0; la règle juridique est liée au prononcé d'une condamnation pour l'une des infractions prévues par la législation, indépendamment du fait qu'il s'agisse d'une première infraction, sous réserve des deux exceptions familiales évoquées plus haut. Il convient également de distinguer entre la simple découverte de la substance et l'établissement de la détention juridique imputable au prévenu, la détention au sens pénal exigeant la preuve du contact du prévenu avec la substance, de sa connaissance de sa nature et de son contrôle sur elle. Si le tribunal conclut à la culpabilité pour détention, possession ou consommation, la règle de l'expulsion s'applique à l'étranger, sauf établissement de l'une des deux exceptions. En revanche, s'il est établi que le prévenu ignorait l'existence de la substance, ou que son lien avec elle est écarté, ou que les procédures d'arrestation, de prélèvement ou d'analyse sont entachées d'une nullité substantielle, cela peut conduire à un acquittement ou à une modification de la qualification juridique, selon le dossier de chaque affaire.

Quand le jugement d'expulsion est-il exécuté, et peut-il être contesté\u00A0?

L'expulsion judiciaire est généralement exécutée après l'exécution complète des peines initiales prononcées, telles que l'emprisonnement et/ou l'amende selon les cas, et il convient de vérifier que le jugement est devenu définitif, et qu'aucun recours ou décision de suspension d'exécution n'est en cours, avant d'engager les démarches finales qui en découlent. Si le jugement demeure susceptible de recours, les moyens de défense relatifs à l'expulsion peuvent être soulevés dans le cadre de l'appel ou du pourvoi prévu par la loi, notamment la contestation de la condamnation elle-même, le moyen tiré de l'absence de connaissance ou d'intention coupable, la contestation des procédures d'arrestation, de perquisition ou de prélèvement, la contestation de l'imputabilité des substances saisies au prévenu, la demande d'application de l'une des deux exceptions, et la production des documents relatifs à la famille, aux soins, à la charge de famille et au traitement. Ces moyens et documents doivent être présentés dans les délais légaux, car attendre que le jugement devienne définitif peut réduire les moyens disponibles pour le modifier.

Peut-on demander l'annulation de l'expulsion après un jugement définitif\u00A0?

Toute personne visée par un jugement d'expulsion peut saisir le parquet compétent d'une demande de réexamen en vue de l'annulation de l'expulsion, en exposant les motifs et en joignant les documents justificatifs. Certains parquets aux Émirats arabes unis proposent un service dédié à ce type de demande, exigeant la preuve de l'identité du demandeur, l'exposé des motifs et les documents à l'appui de la demande de clémence. Le dépôt de la demande n'implique pas son acceptation automatique, et l'annulation ne constitue pas un droit acquis pour le condamné\u00A0; le résultat dépend de la nature du jugement, du motif de l'expulsion, du comportement du condamné, de ses liens familiaux, des circonstances humanitaires, des documents produits et de l'autorité chargée d'examiner la demande.

La demande d'annulation de l'expulsion se distingue de l'appel ou du pourvoi tant par le moment où elle intervient que par son fondement\u00A0: l'appel ou le pourvoi vise le jugement avant qu'il ne devienne définitif, et peut porter sur la condamnation, la peine et l'application des exceptions légales, tandis que la demande d'annulation de l'expulsion est généralement présentée après le prononcé du jugement ou son caractère définitif, et repose sur des motifs juridiques ou humanitaires, des documents ultérieurs ou des circonstances justifiant un réexamen de la mesure d'expulsion. Il est donc préférable d'étudier le dossier de l'affaire dès le début, plutôt que de reporter la présentation des motifs d'exception après que le jugement soit devenu définitif.

L'annulation de l'expulsion judiciaire empêche-t-elle l'expulsion administrative, et peut-on revenir ensuite\u00A0?

Pas nécessairement. L'expulsion judiciaire et l'expulsion administrative reposent sur des règles et des procédures distinctes, et l'expulsion judiciaire peut être annulée ou ne pas être appliquée, tout en laissant subsister la nécessité de vérifier de manière indépendante la situation administrative de la personne auprès des autorités compétentes en matière de séjour et d'affaires des étrangers. L'exemption du prévenu de l'expulsion n'implique pas non plus automatiquement le renouvellement de son titre de séjour ni la levée d'autres restrictions éventuellement enregistrées à son encontre. Par ailleurs, la législation régissant l'entrée et le séjour des étrangers n'autorise pas un étranger précédemment expulsé à revenir dans le pays sans l'autorisation de l'autorité compétente\u00A0; l'expiration de la peine ou le départ du pays n'implique donc pas automatiquement la possibilité d'obtenir un nouveau visa, et il convient, avant toute tentative de retour, de vérifier que la mention d'expulsion a été annulée ou que l'autorisation requise a été délivrée.

Conseils pratiques

N'attendez pas le jugement\u00A0: réunissez les documents familiaux et médicaux dès le début de l'affaire.

Documentez le lien avec l'époux ou le parent citoyen par des pièces officielles valides et récentes.

Sollicitez un conseil juridique dès l'ouverture de l'accusation, et non après la condamnation.

Vérifiez la situation administrative de séjour indépendamment de l'issue du jugement pénal.

Références juridiques

Décret-loi fédéral n° 30 de 2021 relatif à la lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes (article 75), tel que modifié par le décret-loi fédéral n° 14 de 2025, en vigueur depuis le 1er janvier 2026\u00A0; et décret-loi fédéral n° 29 de 2021 relatif à l'entrée et au séjour des étrangers.

Vous êtes confronté à un risque d'expulsion lié à une accusation de stupéfiants\u00A0?

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Questions fréquentes

Q Tout étranger poursuivi dans une affaire de stupéfiants est-il expulsé\u00A0?

Non. L'expulsion judiciaire est liée au prononcé d'une condamnation, et non à la simple accusation ou à l'ouverture d'un signalement.

Q L'acquittement annule-t-il l'expulsion\u00A0?

Si le tribunal prononce l'acquittement, l'expulsion judiciaire liée à cette infraction ne s'applique pas, car elle suppose une condamnation. Il convient néanmoins de vérifier l'absence de décision administrative distincte ou d'antécédent.

Q La présence d'enfants aux Émirats arabes unis empêche-t-elle l'expulsion\u00A0?

La seule présence d'enfants n'empêche pas automatiquement l'expulsion. Il faut établir que celle-ci causerait un préjudice grave à la stabilité de la famille ou priverait l'un de ses membres des soins ou du soutien nécessaires, outre la réunion des autres conditions légales.

Q Une demande de clémence peut-elle être déposée depuis l'étranger\u00A0?

La demande peut être présentée par le condamné ou son représentant légal selon les exigences de l'autorité compétente, sous réserve de joindre une procuration valide et les documents justificatifs.

Q La réhabilitation annule-t-elle automatiquement l'expulsion\u00A0?

La réhabilitation et l'expulsion sont deux questions distinctes, tant par leur fondement que par leur procédure. Il ne faut pas présumer que la réhabilitation lève automatiquement la mention d'expulsion en l'absence d'une décision expresse de l'autorité compétente.

Avertissement juridique

Les informations fournies dans ce blog ont une vocation de sensibilisation juridique générale et ne constituent pas un avis juridique sur une affaire déterminée. La détermination de la démarche appropriée nécessite l'examen du jugement, du dossier de l'affaire et des documents relatifs au condamné et à sa famille.

En cas de divergence entre la présente traduction et le texte arabe original, la version arabe prévaut.

Consultations en matière de stupéfiants et d'expulsion à Dubaï

Le cabinet AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS traite les affaires de stupéfiants et leurs conséquences en matière d'expulsion à Dubaï, en précisant les cas dans lesquels un prévenu peut être exempté d'expulsion selon les documents de chaque affaire.

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