Sortie d'un partenaire de l'entreprise : Comment protéger vos intérêts lors du retrait ou de l'exclusion
Le retrait d'un associé ou l'exclusion d'un associé (sortie) figure parmi les problématiques les plus fréquentes rencontrées par les associés au sein des sociétés commerciales aux Émirats arabes unis, qu'il s'agisse d'une société en nom collectif ou d'une société à responsabilité limitée. Un associé peut décider de se retirer volontairement pour des raisons personnelles ou commerciales, tandis que la société peut se voir contrainte d'exclure un associé ayant manqué à ses obligations ou entravé la marche des affaires. Dans les deux cas, une méconnaissance du cadre juridique applicable peut conduire les associés vers des différends prolongés affectant la continuité de l'activité. Cet article présente les dispositions légales régissant ces questions, les mécanismes de sortie disponibles, les modalités de détermination de la juste valeur de la part de l'associé, ainsi que les procédures statutaires à suivre.
🤝La différence entre le retrait volontaire et l'exclusion forcée d'un associé
Le retrait volontaire est une décision que prend un associé de sa propre initiative pour quitter la société, soit par accord écrit avec les autres associés, soit par voie judiciaire en l'absence d'accord. L'exclusion forcée (sortie), quant à elle, intervient lorsque des motifs sérieux justifient le retrait d'un associé, tels qu'un manquement à ses obligations contractuelles ou des agissements préjudiciables aux intérêts de la société. Dans ce cas, le tribunal compétent peut ordonner l'exclusion de cet associé, la société continuant alors d'exister entre les associés restants.
Remarque importante : en vertu de la loi fédérale régissant les sociétés commerciales, un associé ne peut être privé de son droit de demander la dissolution judiciaire de la société ou son retrait judiciaire de celle-ci, et toute clause contraire est réputée non écrite.
⚖️Les mécanismes juridiques de sortie disponibles
Plusieurs voies juridiques permettent de mettre fin à la relation d'un associé avec la société, notamment :
1. Le retrait par accord écrit : dans les sociétés en nom collectif, un associé peut se retirer par accord écrit avec les autres associés, à condition de les en informer au moins soixante jours avant la date fixée pour le retrait.
2. La cession de la part : un associé d'une société à responsabilité limitée peut céder sa part à un autre associé ou à un tiers, à condition d'informer les autres associés des conditions de cession ; ceux-ci disposent alors d'un droit de préemption pour racheter la part dans un délai déterminé avant qu'elle ne puisse être cédée à un tiers.
3. La dissolution judiciaire et l'exclusion : lorsque des motifs sérieux existent, tout associé peut demander en justice la dissolution de la société. Si ces motifs résultent des agissements d'un associé en particulier, le tribunal peut ordonner l'exclusion de ce seul associé, la société continuant alors entre les associés restants.
4. La saisie de la part : lorsqu'un créancier d'un associé engage une procédure d'exécution sur la part de ce dernier, celle-ci peut être mise en vente aux enchères publiques, les autres associés conservant le droit de la racheter aux conditions auxquelles l'adjudication a été prononcée.
💰Comment déterminer la juste valeur de la part d'un associé ?
La détermination de la valeur de la part d'un associé sortant ou exclu constitue, en pratique, l'un des points les plus litigieux. La démarche suivante est généralement adoptée :
Se référer d'abord aux statuts : si les statuts ou un pacte d'associés prévoient une méthode d'évaluation précise, celle-ci doit être appliquée avant tout autre recours.
L'évaluation par expertise technique et financière : en cas de désaccord sur le prix, la part est évaluée par un ou plusieurs experts en matière technique et financière, désignés par l'autorité compétente à la demande et aux frais de la partie intéressée.
Le dernier inventaire de la société : en cas d'exclusion judiciaire, la part de l'associé exclu est évaluée sur la base du dernier inventaire de la société, ou selon toute autre méthode que le tribunal estime appropriée pour garantir l'équité entre les parties.
📋Les procédures statutaires de retrait ou d'exclusion
1. Informer par écrit les autres associés, par lettre recommandée, en respectant le délai de préavis légal avant la date du retrait.
2. Documenter l'accord de retrait ou la cession de part par un acte officiel authentifié, conformément aux dispositions légales.
3. Inscrire le retrait ou la cession au registre du commerce auprès de l'autorité compétente, et le publier dans deux journaux locaux quotidiens, dont l'un en langue arabe.
4. Modifier les statuts afin de refléter le changement dans la composition des associés et le capital.
5. En cas de recours judiciaire nécessaire, saisir le tribunal compétent en appuyant la demande de pièces justificatives et des motifs sérieux justifiant la dissolution ou l'exclusion.
⚠️Les différends les plus fréquents et leur traitement
Parmi les différends les plus courants dans ce domaine figurent : le refus des autres associés de racheter la part d'un associé sortant, le désaccord sur la juste valeur de la part, ou encore le blocage par un associé des décisions de l'assemblée générale dans le but de faire pression sur les autres associés. Dans ces situations, le recours au tribunal ou à l'arbitrage (lorsqu'une clause compromissoire figure dans les statuts) demeure le moyen le plus efficace pour trancher le litige, et il importe de documenter chaque correspondance et chaque procès-verbal de réunion afin d'étayer la position juridique ultérieurement.
💡Conseils pratiques pour les associés
✔️ Mettez en place un pacte d'associés dès la constitution de la société, définissant à l'avance la méthode d'évaluation et le mécanisme de sortie.
✔️ Documentez chaque décision et chaque réunion afin d'éviter tout litige ultérieur sur les faits.
✔️ Consultez un avocat spécialisé avant de signer tout accord de retrait ou de cession de part.
✔️ Veillez à inscrire tout changement au registre du commerce dès son achèvement, afin d'éviter toute responsabilité pour des engagements ultérieurs.
📚Références juridiques
• Décret-loi fédéral n° 32 de 2021 relatif aux sociétés commerciales, tel que modifié.
• Loi fédérale n° 5 de 1985 portant promulgation de la loi sur les transactions civiles des Émirats arabes unis, telle que modifiée.
• Loi fédérale n° 11 de 1992 portant promulgation du code de procédure civile, telle que modifiée.
Vous avez une question concernant le retrait d'un associé, ou vous souhaitez faire exclure un associé de votre société ? Notre équipe juridique est prête à vous accompagner.
— Maître Awadh Almheiri
❓Questions fréquentes
Non. Le retrait est soumis aux conditions fixées par les statuts et par la loi, et nécessite généralement un préavis adressé aux autres associés dans un délai déterminé. Il peut également entraîner une responsabilité au titre des engagements de la société antérieurs au retrait.
En cas de désaccord sur le prix, la part est évaluée par un ou plusieurs experts en matière technique et financière, désignés par l'autorité compétente à la demande et aux frais de la partie intéressée.
Oui. Lorsque des motifs sérieux résultent des agissements de cet associé, le tribunal compétent peut ordonner son exclusion de la société, celle-ci continuant d'exister entre les associés restants, la part de l'associé exclu étant évaluée sur la base du dernier inventaire.
Oui. L'associé sortant demeure solidairement responsable avec les autres associés des dettes et engagements contractés par la société avant son retrait, et sa responsabilité n'est dégagée qu'après l'inscription et la publication du retrait conformément aux procédures légales.
Retrait et exclusion d'associé à Dubaï
Awadh Almheiri Law Firm and Legal Consultations accompagne, dans l'émirat de Dubaï, les associés souhaitant se retirer de leur société ou exclure un associé défaillant, par l'examen des statuts et des pactes d'associés et la représentation des clients devant les juridictions compétentes.
Retrait et exclusion d'associé dans les autres émirats
Le champ d'intervention du cabinet s'étend aux associés et chefs d'entreprise d'Abou Dabi, Sharjah, Ajman, Umm Al Quwain, Ras Al Khaimah et Fujairah, en tenant compte de la compétence des juridictions locales de chaque émirat en cas de recours judiciaire.

