Amende de 81 000 dirhams pour une influenceuse pour diffamation

Amende de 81 000 dirhams pour une influenceuse pour diffamation

Dans un monde envahi par les écrans, certains pensent que publier n'importe quel contenu numérique relève simplement de la liberté d'expression, alors que la loi a établi une frontière claire entre la critique constructive visant l'amélioration et la diffamation qui porte atteinte à la réputation commerciale et nuit à ses propriétaires.

Dans ce contexte, le Département judiciaire d'Abou Dabi a publié les détails d'une affaire dans le cadre de sa série « Histoires et leçons », intitulée « Une vidéo éphémère... une facture salée ». L'incident a commencé lorsqu'une influenceuse sur les réseaux sociaux a décidé de braquer la caméra de son téléphone sur un restaurant réputé, non pas pour évaluer la qualité de la nourriture ou du service, mais pour diffuser des propos offensants mettant en cause l'intégrité de son propriétaire et sa gestion de l'établissement.

Face à cette atteinte numérique visant sa considération personnelle et son entreprise, le propriétaire du restaurant n'est pas resté les bras croisés : il s'est immédiatement tourné vers les autorités compétentes pour déposer une plainte officielle, affirmant que la vidéo publiée dépassait les limites de l'expression légitime d'une opinion et avait causé un préjudice moral et matériel considérable à la réputation et à la position qu'il avait bâties au fil des années.

Convoquée et confrontée aux images enregistrées, la mise en cause a reconnu, dans le procès-verbal d'enquête et lors des investigations du Parquet général, avoir filmé le restaurant et publié la vidéo sur son compte personnel, justifiant son acte par une volonté de « critique ». Les autorités d'enquête ont toutefois estimé que les propos employés dépassaient les limites d'une évaluation objective et constituaient une atteinte directe relevant de l'injure et de la diffamation par voie électronique, dans la mesure où ils visaient les personnes elles-mêmes plutôt que l'évaluation du produit ou du service.

Après l'examen de l'affaire devant le tribunal compétent, celui-ci a rendu un jugement condamnant la mise en cause à une amende de 30 000 dirhams, avec ordre de supprimer la vidéo litigieuse et confiscation du téléphone utilisé dans l'incident, considéré comme instrument de l'infraction.

Les conséquences ne se sont pas arrêtées à la sanction pénale : le tribunal a également condamné la mise en cause à verser 51 000 dirhams à titre d'indemnisation civile provisoire à la partie lésée, portant le coût total de cet instant de diffamation à 81 000 dirhams — transformant des « vues » éphémères en une leçon juridique éloquente rappelant que porter atteinte à autrui n'est pas une matière à exploiter sur les plateformes numériques.