Nouveau Code de la famille : Changements clés pour les familles

Nouveau Code de la famille : Changements clés pour les familles

La nouvelle loi sur le statut personnel aux Émirats arabes unis est le décret-loi fédéral n° 41 de 2024, entré en vigueur le 15 avril 2025 et qui a remplacé la loi fédérale n° 28 de 2005. Elle introduit des changements majeurs qui concernent chaque famille : un âge unifié du mariage à 18 ans, la garde prolongée jusqu’aux 18 ans de l’enfant pour les deux sexes, la tutelle éducative accordée à la mère gardienne, l’obligation pour l’époux de documenter le divorce dans un délai de 15 jours sous peine d’indemnisation, la confirmation de l’indépendance patrimoniale de l’épouse, et de nouvelles sanctions protégeant les mineurs et les parents. Dans cet article de AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS, nous présentons les principaux changements dans un langage clair, fondé sur le texte de la loi.

La nouvelle loi sur le statut personnel : principaux changements pour les familles

La nouvelle loi sur le statut personnel : principaux changements pour les familles

Les Émirats ont promulgué la nouvelle loi sur le statut personnel dans le cadre d’un dispositif législatif avancé visant la stabilité de la famille et la protection des droits de l’épouse, des enfants et des parents. La loi adopte les dispositions de la charia islamique et, à défaut de texte, permet au juge de choisir la solution la plus appropriée selon l’intérêt général, puis la coutume, sans contrariété avec la charia, l’ordre public ou les bonnes mœurs. Voici une comparaison rapide entre l’ancienne et la nouvelle loi, suivie des principaux changements en détail.

Âge du mariage
Ancien – Loi 28/2005
Puberté avec autorisation du tribunal
Nouveau – Décret-loi 41/2024
18 ans révolus, les deux sexes
Fin de la garde
Ancien – Loi 28/2005
Garçon 11 ans, fille 13 ans
Nouveau – Décret-loi 41/2024
18 ans pour le garçon et la fille
Tutelle éducative
Ancien – Loi 28/2005
Principalement le père
Nouveau – Décret-loi 41/2024
La mère gardienne
Documentation du divorce
Ancien – Loi 28/2005
Aucun délai exprès
Nouveau – Décret-loi 41/2024
Sous 15 jours, sinon indemnisation

1. Âge du mariage unifié à 18 ans révolus

La nouvelle loi fixe la capacité matrimoniale à la pleine raison et à l’âge de 18 ans révolus, et interdit de documenter le mariage de toute personne en deçà de cet âge — homme ou femme — sauf autorisation du tribunal après vérification d’un intérêt réel et conformément aux règles fixées par résolution du Conseil des ministres. Elle accorde aussi à la personne de moins de 18 ans, dont le tuteur refuse de la marier, le droit de saisir le tribunal.

18
ans révolus
Un âge du mariage unifié pour les deux sexes ; le mariage d’une personne de moins de 18 ans ne peut être documenté que sur autorisation judiciaire et selon les règles du Conseil des ministres.

2. La dot, propriété exclusive de l’épouse

La loi confirme que la dot est une somme versée par l’homme à la femme en vertu du contrat de mariage, qu’elle lui appartient et qu’elle ne peut être contrainte d’en disposer, aucune clause contraire n’étant reconnue. Elle permet de convenir du report de tout ou partie de la dot ; à défaut de mention, la dot est due sur demande. Dans tous les cas, la dot devient exigible en cas de séparation irrévocable ou de décès de l’un des époux.

3. Indépendance patrimoniale et droit de partage de la fortune

Chaque époux dispose d’un patrimoine indépendant de l’autre ; l’épouse est libre de disposer de ses biens et l’époux ne peut en disposer sans son consentement. Surtout, la loi a consacré un droit pratique important : si l’un des époux a participé avec l’autre à accroître un bien ou à bâtir un logement, il peut en réclamer sa part à l’autre partie ou aux héritiers — protégeant ainsi les contributions financières de l’épouse au sein de la famille.

4. Divorce : une seule révocation et documentation obligatoire sous 15 jours

Pour préserver la cohésion familiale, la loi dispose que le divorce répété ou assorti d’un nombre — par la parole, l’écrit ou le geste — ne compte que pour un seul divorce. Elle oblige aussi l’époux à documenter le divorce devant le tribunal compétent dans un délai maximal de 15 jours ; à défaut, sans excuse admise, l’épouse a droit à une indemnité équivalant à la pension depuis la date du divorce jusqu’à sa documentation.

1
Le divorce survient
Le divorce assorti d’un nombre vaut un seul
2
Documentation
Devant le tribunal sous 15 jours
3
Effet du retard
Indemnité pour l’épouse si non documenté

5. La garde se prolonge jusqu’à 18 ans pour les deux sexes

Point essentiel pour les familles : sous l’ancienne loi, la garde des femmes prenait fin lorsque le garçon atteignait 11 ans et la fille 13 ans (avec extension judiciaire possible). La nouvelle loi fait cesser la garde à 18 ans révolus pour le garçon comme pour la fille ; si l’enfant souffre d’une maladie invalidante, la garde se poursuit dans son intérêt.

11 / 13
Ancien : garçon / fille
18
Nouveau : les deux sexes

La garde est un droit de l’enfant, assumé par les deux parents tant que dure le mariage ; après séparation, elle revient à la mère, puis au père, puis à la grand-mère maternelle, puis paternelle, le tribunal pouvant déroger à cet ordre selon l’intérêt supérieur de l’enfant — que la loi place au-dessus de tout.

6. Tutelle éducative pour la mère gardienne

La loi a introduit une disposition importante en faveur de la mère : elle accorde à la mère gardienne la tutelle éducative sur l’enfant dans son intérêt, par exception à la règle de supervision du tuteur. En cas de désaccord, l’affaire est portée devant le juge des référés qui statue en tenant compte des moyens du tuteur, sans porter atteinte au droit de la mère gardienne à la tutelle éducative.

7. Voyager avec l’enfant et conserver ses documents

Le parent gardien peut voyager avec l’enfant hors du pays avec le consentement écrit de l’autre parent ; le tribunal peut autoriser un voyage pour une durée totale n’excédant pas 60 jours par an, moyennant une garantie, et la dépasser pour un traitement, une nécessité ou l’intérêt de l’enfant. Le tuteur peut conserver le passeport de l’enfant sauf au moment du voyage, et la gardienne peut conserver l’acte de naissance original et la carte d’identité de l’enfant.

8. Visite de l’enfant en garde

Si l’enfant est sous la garde de l’un des parents, l’autre a le droit de le visiter, de l’accueillir, de l’accompagner et de l’héberger selon ce qu’ils conviennent ; en cas de désaccord, le tribunal décide selon l’intérêt de l’enfant. Le jugement de visite est exécuté de force si le gardien s’y oppose, et le juge de l’exécution peut, d’un commun accord, modifier les horaires et lieux de visite.

9. La pension : un concept élargi et l’entretien des enfants

La loi définit la pension comme un droit de son bénéficiaire couvrant les besoins essentiels : nourriture, vêtements, logement, soins et éducation selon la coutume ; son évaluation tient compte des moyens du débiteur, de la situation du bénéficiaire et du contexte économique. La pension de l’enfant mineur sans ressources incombe au père jusqu’au mariage ou l’emploi de la fille, et jusqu’à ce que le garçon atteigne l’âge où ses pairs gagnent leur vie.

10. Des sanctions protégeant les mineurs et les parents

La loi a introduit des sanctions dissuasives pour les actes touchant la famille. Les plus notables, selon le texte, sont :

5 000 – 100 000 AED

Détournement des biens d’un mineur

Pour quiconque gère les affaires d’un mineur et dispose de ses biens, les détourne ou les dilapide sans autorisation du tribunal (article 251).
5 000 – 50 000 AED

Voyager avec l’enfant sans autorisation

Pour tout gardien voyageant avec l’enfant sans l’autorisation du tuteur ou du tribunal (article 252).
5 000 – 100 000 AED

S’emparer des biens de la succession

Pour quiconque dissimule, dilapide ou s’empare frauduleusement d’un bien de la succession, même héritier (article 253).
5 000 – 100 000 AED

Maltraiter les parents ou refuser leur entretien

Pour quiconque maltraite ou abandonne ses parents alors qu’il en a les moyens, ou refuse leur pension ordonnée par justice (article 254).

À noter que les poursuites pénales pour les actes des articles 252, 253 et 254 ne peuvent être engagées que sur plainte de l’intéressé, et s’éteignent par désistement avant jugement définitif ; après ce jugement, le désistement suspend l’exécution — laissant place à la réconciliation au sein de la famille (article 255).

Références juridiques

1. Décret-loi fédéral n° 41 de 2024 portant promulgation de la loi sur le statut personnel (en vigueur ; effectif le 15 avril 2025).
2. Loi fédérale n° 28 de 2005 sur le statut personnel (abrogée).
3. Les décisions réglementaires émises par le Conseil judiciaire fédéral pour appliquer la nouvelle loi, dont la décision n° 68 de 2025 relative à la visite des enfants en garde.
4. Le Code de procédure civile.

Questions fréquentes

Quand la nouvelle loi sur le statut personnel est-elle entrée en vigueur ?+
 
Quel est l’âge du mariage selon la nouvelle loi ?+
 
Jusqu’à quel âge la garde se poursuit-elle désormais ?+
 
Que se passe-t-il si l’époux ne documente pas le divorce sous 15 jours ?+
 
La mère gardienne a-t-elle une tutelle sur l’éducation des enfants ?+
 
L’enfant peut-il voyager hors du pays ?+
 
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Avertissement : Cet article a une vocation de sensibilisation juridique générale et ne constitue pas un conseil juridique ni un avis sur une affaire particulière. Chaque cas diffère ; il est conseillé de consulter un avocat spécialisé. Les dispositions citées se fondent sur le texte du décret-loi fédéral n° 41 de 2024 en vigueur à la date de publication. En cas de divergence entre cette version française et le texte arabe, la version arabe prévaut.

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