Qu'est-ce que la médiation commerciale dans les contrats internationaux ?

Qu'est-ce que la médiation commerciale dans les contrats internationaux ?

La médiation commerciale dans les contrats internationaux est un moyen optionnel et alternatif de résoudre les différends qui surgissent entre des parties de pays différents, dans lequel les deux parties font appel à un médiateur neutre qui rapproche leurs positions et les aide à parvenir à un règlement amiable, sans détenir le pouvoir de trancher le litige. Aux Émirats arabes unis, elle est régie par le décret-loi fédéral n° (40) de 2023 relatif à la médiation et à la conciliation dans les litiges civils et commerciaux, qui a remplacé une législation antérieure et a établi un cadre moderne de justice alternative. Ses dispositions s'appliquent à la médiation menée à l'intérieur de l'État, et s'étendent également à un litige commercial international se déroulant hors de l'État dès lors que ses parties conviennent de le soumettre à ce décret-loi. Cette voie offre aux entreprises une solution plus rapide et moins coûteuse que le contentieux, tout en préservant les relations commerciales et la confidentialité des informations.

Qu'est-ce que la médiation commerciale dans les contrats internationaux et comment le droit émirien la régit-il ?

1. Définition de la médiation commerciale dans les contrats internationaux

La médiation est un moyen consensuel de régler les litiges civils et commerciaux, qu'ils soient contractuels ou non, dans lequel un tiers neutre — le « médiateur » — intervient pour faciliter le dialogue entre les parties en litige et les aider à élaborer une solution acceptable pour tous. La médiation dans les contrats internationaux se distingue par le fait que ses parties relèvent généralement de systèmes juridiques différents, ce qui fait d'un mécanisme amiable souple et neutre une alternative pratique au contentieux transfrontalier complexe.

Le rôle du médiateur diffère fondamentalement de celui d'un juge ou d'un arbitre ; le médiateur ne rend aucune décision et n'impose aucune solution, mais limite son rôle à rapprocher les positions, à proposer des alternatives et à aider les deux parties à parvenir à un accord de règlement de leur plein gré. Une fois que les parties parviennent à un accord et le signent, celui-ci devient une obligation contractuelle contraignante qui produit ses effets juridiques.

2. Le cadre juridique de la médiation commerciale aux Émirats arabes unis

Le cadre législatif de la médiation repose sur le décret-loi fédéral n° (40) de 2023 relatif à la médiation et à la conciliation dans les litiges civils et commerciaux, promulgué afin d'organiser et de promouvoir la médiation et la conciliation comme alternative au contentieux. Ce décret-loi a abrogé la loi n° (6) de 2021 relative à la médiation et la loi n° (17) de 2016 relative à la création de centres de médiation et de conciliation, consolidant le dispositif en un texte unique, moderne et intégré.

Le Conseil judiciaire fédéral a complété ce dispositif par un ensemble de résolutions réglementaires publiées en 2025, qui ont ancré les normes d'inscription, de formation et de conduite professionnelle des médiateurs et des conciliateurs, organisé la médiation à distance et créé de nouveaux centres spécialisés. Les principales de ces résolutions sont :

Résolution 90/2025
Création de centres spécialisés de médiation et de conciliation à Ajman, Fujaïrah, Oumm al-Qaïwaïn et Dibba Al-Fujaïrah.
Résolution 92/2025
Réglementation du statut des médiateurs : inscription, renouvellement, radiation, formation, exigences d'assurance et pouvoirs.
Résolution 91/2025
Le code de conduite professionnelle consacrant les principes d'intégrité, d'impartialité et de protection de la confidentialité.
Résolution 710/2025
Règles relatives à la tenue de séances de médiation à distance et à la vérification de l'identité via l'identité numérique.
Résolution 20/2025
Réglementation du statut des conciliateurs, des conditions d'exercice, des devoirs et du contrôle technique.
Résolution 19/2025
Création de la commission d'admission des conciliateurs et des médiateurs et de traitement des plaintes et recours.

3. Quand les dispositions relatives à la médiation s'appliquent-elles aux litiges commerciaux internationaux ?

Le décret-loi a défini le champ d'application des dispositions relatives à la médiation dans deux cas principaux, dont le second concerne directement les contrats internationaux :

Premier cas : la médiation à l'intérieur de l'État
Les dispositions du décret-loi s'appliquent si la procédure de médiation est menée à l'intérieur des Émirats arabes unis, quelle que soit la nationalité des parties, dès lors que le litige peut faire l'objet d'un règlement et n'est pas contraire à l'ordre public et aux bonnes mœurs de l'État.
Second cas : un litige commercial international hors de l'État
Les dispositions du décret-loi s'appliquent à la médiation d'un litige commercial international se déroulant hors de l'État si les parties conviennent expressément de le soumettre à ce décret-loi. La loi accorde ainsi aux parties aux contrats internationaux la liberté de choisir le cadre émirien, même lorsque la médiation est menée hors des frontières de l'État.

L'accord de médiation doit être écrit, et toute référence expresse, dans un contrat écrit, à un document contenant une clause de médiation est réputée équivalente, à condition que cette référence considère clairement ladite clause comme faisant partie du contrat. L'accord doit également déterminer l'objet du litige et le mode de désignation du médiateur. Les parties peuvent convenir de mener la médiation dans une langue autre que l'arabe, à condition que les documents et mémoires soumis soient traduits en arabe conformément à la loi.

4. La différence entre médiation, conciliation, arbitrage et contentieux

De nombreuses parties confondent les moyens de résolution des litiges, alors que chacun a sa propre nature et ses propres effets. La médiation est un mécanisme entièrement consensuel, tandis que la conciliation est un moyen alternatif auquel il est recouru de manière obligatoire dans certains cas ; l'arbitrage aboutit à une sentence contraignante, alors que le contentieux est la voie judiciaire traditionnelle devant les tribunaux.

La conciliation obligatoire devant le Centre
Le Centre de conciliation et de médiation est obligatoirement compétent pour la conciliation des litiges civils et commerciaux dont la valeur dépasse cinq millions de dirhams, ainsi que des litiges dont les parties sont des conjoints ou des parents jusqu'au quatrième degré, quelle qu'en soit la valeur — sous réserve des litiges qui ne peuvent faire l'objet d'une conciliation en vertu de la loi.

La médiation diffère de l'arbitrage en ce que le médiateur ne rend aucune décision contraignante, tandis que l'arbitre rend une sentence exécutoire. Elle diffère également du contentieux par sa souplesse, sa confidentialité, sa rapidité et son moindre coût, ainsi que par sa capacité à préserver la relation commerciale entre les parties plutôt que d'y mettre fin par un litige judiciaire prolongé.

5. Les avantages de choisir la médiation pour régler les litiges des contrats internationaux

Confidentialité
Protéger les informations commerciales sensibles ; ce qui est présenté en séance ne peut être invoqué devant les tribunaux.
Rapidité et coût
Un règlement plus rapide et moins coûteux que les longues procédures de contentieux et d'arbitrage transfrontaliers.
Autonomie des parties
Les parties gardent la maîtrise du déroulement et du contenu de la solution, sans décision externe imposée.
Préservation de la relation
Maintenir la continuité du partenariat commercial au lieu d'y mettre fin par un litige judiciaire.
Souplesse procédurale
Liberté de convenir de la langue, du lieu et de la procédure, et possibilité de tenir les séances à distance.
Force exécutoire
L'accord de règlement signé devient une obligation contraignante qui produit ses effets juridiques.

6. La clause de médiation dans la rédaction des contrats commerciaux internationaux

La rédaction de la clause de règlement des litiges figure parmi les dispositions les plus importantes et les plus délicates d'un contrat international. Il est recommandé d'inclure une clause de médiation claire désignant le recours à la médiation comme première étape avant toute escalade vers l'arbitrage ou les tribunaux, tout en précisant la loi applicable, l'organisme ou le centre par l'intermédiaire duquel la médiation est administrée, ainsi que la langue de la procédure.

La détermination de la loi applicable revêt une importance redoublée dans les contrats internationaux, car les parties relèvent de systèmes juridiques différents. Le droit commercial émirien traite avec souplesse les transactions internationales, puisqu'il permet aux parties de convenir d'appliquer des règles reconnues internationalement, tandis que le décret-loi fédéral n° (40) de 2023 permet de soumettre un litige commercial international à ses dispositions par accord exprès. Rédiger la clause en des termes précis et sans ambiguïté épargne donc aux parties des litiges ultérieurs sur la compétence et la loi applicable.

Il est préférable d'adopter une clause de règlement des litiges à plusieurs niveaux, commençant par la négociation directe, puis la médiation et, si le règlement s'avère impossible, portant le litige devant l'arbitrage ou le tribunal compétent. Cette progression offre aux parties une chance de solution amiable précoce avant de supporter les charges du contentieux.

7. La procédure de médiation, la plateforme « Wasata » et l'exécution de l'accord de règlement

Le ministère de la Justice a lancé une plateforme électronique dénommée « Wasata » comme alternative au contentieux, permettant le règlement des litiges civils et commerciaux par l'intermédiaire de médiateurs spécialisés et inscrits, en arabe ou en anglais. Les résolutions de 2025 ont renforcé cette orientation numérique en permettant la tenue de séances de médiation et de conciliation à distance par communication visuelle, avec vérification de l'identité au moyen de l'identité numérique « UAE PASS » ou de la carte d'identité émirienne, tout en interdisant l'enregistrement ou le filmage des séances afin de préserver la confidentialité.

La médiation prend fin pour l'une de plusieurs raisons, les principales étant la signature par les parties d'un accord de règlement, leur accord pour y mettre fin, ou la notification par le médiateur que sa poursuite est sans objet. Lorsqu'un règlement est atteint, un accord écrit est établi et signé par les deux parties, devenant ainsi contraignant à leur égard.

Sur le plan international, les Émirats arabes unis œuvrent à renforcer le cadre d'exécution des accords de règlement transfrontaliers en adhérant à la Convention des Nations Unies sur les accords de règlement internationaux issus de la médiation, connue sous le nom de Convention de Singapour sur la médiation. Cette convention vise à permettre aux parties d'invoquer et d'exécuter, par-delà les frontières, l'accord de règlement issu de la médiation d'un litige commercial international — à l'instar de ce que la Convention de New York prévoit pour les sentences arbitrales — renforçant ainsi la confiance des investisseurs et consolidant la position de l'État comme pôle régional de règlement des litiges.

8. Le rôle de l'avocat dans la médiation commerciale internationale

Malgré la nature amiable de la médiation, le rôle de l'avocat demeure central à chaque étape : de la rédaction de la clause de médiation dans le contrat à l'évaluation de la position juridique du client, en passant par la préparation de la stratégie de négociation et la révision de l'accord de règlement avant signature, afin de s'assurer que ses obligations sont claires et exécutoires. Un accord rédigé avec précision protège le client de litiges ultérieurs, tandis qu'un accord ambigu peut rouvrir la porte au conflit.

Maître Awadh Almheiri déclare : « Le succès de la médiation dans les contrats internationaux ne repose pas sur la seule bonne foi, mais sur une rédaction juridique rigoureuse de la clause de médiation et de l'accord de règlement — une rédaction qui tient compte des systèmes juridiques différents des parties et garantit la force exécutoire par-delà les frontières. »

Références juridiques

  • Décret-loi fédéral n° (40) de 2023 relatif à la médiation et à la conciliation dans les litiges civils et commerciaux.
  • Décret-loi fédéral n° (50) de 2022 portant promulgation de la loi sur les transactions commerciales.
  • Décret-loi fédéral n° (42) de 2022 portant promulgation de la loi sur la procédure civile.
  • Loi fédérale n° (5) de 1985 portant promulgation de la loi sur les transactions civiles, et ses amendements.
  • Les résolutions du Conseil judiciaire fédéral réglementant la médiation et la conciliation pour 2025 (n° 19, 20, 90, 91, 92 et 710).
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Foire aux questions

Quelle est la différence entre la médiation et l'arbitrage dans les contrats internationaux ?+
Dans la médiation, le médiateur n'a pas le pouvoir de trancher le litige, mais aide les parties à parvenir à un règlement amiable de leur plein gré. Dans l'arbitrage, l'arbitre rend une sentence contraignante et exécutoire. La médiation est donc plus souple et moins coûteuse, tandis que l'arbitrage offre une résolution définitive du litige.
L'accord de règlement issu de la médiation est-il contraignant et exécutoire ?+
Lorsque les parties parviennent à un règlement, un accord écrit est établi et signé par elles, devenant contraignant à leur égard et produisant ses effets juridiques. À l'échelle internationale, l'exécution des accords de règlement par-delà les frontières est renforcée par des cadres internationaux tels que la Convention de Singapour sur la médiation.
La médiation peut-elle être menée à distance aux Émirats ?+
Oui. Les résolutions de 2025 ont permis la tenue de séances de médiation et de conciliation à distance par communication visuelle, avec vérification de l'identité au moyen de l'identité numérique « UAE PASS » ou de la carte d'identité émirienne, tout en interdisant l'enregistrement ou le filmage des séances afin de préserver la confidentialité.
Quand le recours à la conciliation est-il obligatoire ?+
Le Centre de conciliation et de médiation est obligatoirement compétent pour la conciliation des litiges civils et commerciaux dont la valeur dépasse cinq millions de dirhams, ainsi que des litiges entre conjoints ou parents jusqu'au quatrième degré, quelle qu'en soit la valeur — sous réserve des litiges qui ne peuvent faire l'objet d'une conciliation en vertu de la loi.
Un litige commercial international hors de l'État est-il soumis au droit émirien ?+
Cela est permis si les parties conviennent expressément de soumettre la médiation de leur litige commercial international aux dispositions du décret-loi fédéral n° (40) de 2023, même lorsque la médiation est menée hors des frontières de l'État. Il est donc conseillé d'inclure expressément cet accord dans le contrat.
La confidentialité des séances de médiation est-elle protégée ?+
Oui. La confidentialité est l'un des principes fondamentaux de la médiation ; le code de conduite professionnelle établit des règles strictes pour la protéger, et ce qui est présenté ou admis durant les séances ne peut généralement être invoqué devant les tribunaux, ce qui encourage les parties à négocier ouvertement.
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Les informations contenues dans cet article ont un caractère informatif et éducatif général, destiné à diffuser la conscience juridique et à ancrer une culture de justice alternative auprès des particuliers et des entreprises. Elles ne constituent pas un conseil juridique adapté à un cas particulier. Le traitement de chaque litige varie selon ses faits, ses documents et la loi qui lui est applicable.

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Cet article est la traduction d'un texte rédigé en arabe. En cas de divergence entre cette traduction et la version arabe originale, le texte arabe prévaut.

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