Le droit de la banque à réclamer des intérêts en cas de retard
L'une des questions les plus controversées dans les litiges bancaires aux Émirats concerne les intérêts de retard sur les prêts commerciaux : le tribunal est-il tenu d'appliquer le taux d'intérêt convenu dans le contrat ? Ou a-t-il le droit d'estimer un taux d'intérêt différent ? La Cour fédérale suprême a tranché cette question de manière définitive dans l'affaire n° 21 de l'année 2024, commerciale, lors de l'audience du 21 février 2024. L'équipe de notre cabinet examine dans cet article le contenu de cette décision importante et son impact pratique sur les banques et les emprunteurs.
Le droit de la banque à réclamer des intérêts convenus en cas de retard dans le remboursement du prêt ?
Règles des intérêts de retard dans le droit commercial émirati
Premièrement : Qu'est-ce que l'intérêt convenu et quelle est sa base légale ?
L'intérêt convenu est le taux que les deux parties s'accordent dans le contrat de prêt et qui doit être respecté en cas de retard dans le remboursement. Le décret-loi fédéral n° (50) de l'année 2022, édictant la loi sur les transactions commerciales, a établi la base légale de ce droit :
Les articles (84), (85) et (86) de la même loi confirment que si l'objet de l'obligation est un montant d'argent connu et que le débiteur tarde à s'acquitter, il est tenu de payer les intérêts stipulés en compensation du retard,sans qu'il soit nécessaire que le créancier prouve le préjudice,à condition que la dette soit commerciale.
Deuxièmement : Que a décidé la Cour fédérale suprême ?
Dans l'affaire n° 21 de l'année 2024, commerciale, la banque appelante avait prêté à son client trois prêts :
| Type de prêt | Montant | Intérêt convenu |
|---|---|---|
| Prêt automobile (Lexus 570) | 480 000 dirhams | 2,69 % par an |
| Prêt personnel | 380 000 dirhams | 6,99 % par an |
| Carte de crédit | Limite de crédit 24 000 dirhams | 3,25 % par mois |
Le débiteur a refusé de payer, et une action a été intentée pour réclamer un montant de 833 324,04 dirhams avec les intérêts contractuels. Cependant, le tribunal de première instance et la cour d'appel ont statué sur un intérêt forfaitaire de 5 % au lieu des intérêts contractuels convenus.
La cour a annulé le jugement contesté et a décidé que le jugement sur un intérêt forfaitaire malgré l'existence d'un intérêt contractuel explicite dans le contrat de prêt constitueune erreur dans l'application de la loiqui justifie l'annulation, et que le tribunal est tenu d'appliquer l'intérêt contractuel convenu.
Troisièmement : les règles légales sur les intérêts de retard
La Cour fédérale suprême a établi un certain nombre de règles fondamentales :
| La règle | Le détail |
|---|---|
| L'intérêt contractuel avant l'introduction de l'action | Le tribunal est tenu d'appliquer le taux convenu dans le contrat jusqu'à la clôture du compte |
| L'intérêt après l'introduction de l'action | Le taux d'intérêt moyen en vigueur dans les banques pendant la durée de l'examen de l'action et jusqu'au paiement, sans dépasser 12 % |
| Type d'intérêt | Il doit êtresimpleet non composé, considérant qu'il s'agit d'une compensation pour le créancier en raison du retard du débiteur. |
| Plafond total des intérêts | Le total des intérêts antérieurs et postérieurs à l'introduction de l'action ne doit pas dépasser le capital de la dette. |
| Preuve du dommage | Non requise — il suffit du retard dans le paiement de la dette commerciale pour avoir droit aux intérêts. |
Quatrièmement : pourquoi cet arrêt est-il important ?
Cet arrêt a établi deux principes judiciaires d'une grande importance :
Premier principe : l'obligation des intérêts contractuels
Le tribunal n'a pas de pouvoir discrétionnaire pour déterminer un taux d'intérêt différent si le contrat comprend un intérêt contractuel explicite. Juger sur un intérêt forfaitaire dans ce cas est une erreur juridique qui justifie l'annulation.
Deuxième principe : l'obligation de motiver les jugements
La cour a confirmé que les jugements doivent être fondés sur des raisons claires et suffisantes prouvant que le tribunal a examiné le litige de manière approfondie et que la vérité qu'il a tirée repose sur la preuve légale requise. Le non-respect de cela constitue un défaut justifiant l'annulation.
Cinquièmement : l'impact pratique sur les banques et les emprunteurs
Pour les banques et les créanciers
- Veillez à inclure explicitement le taux d'intérêt contractuel dans le contrat de prêt.
- Insistez sur la demande d'intérêt contractuel dès la première audience dans l'affaire.
- Documentez les conditions et les modalités des cartes de crédit et leurs taux d'intérêt de manière indiscutable.
Pour les emprunteurs et les débiteurs
- L'intérêt contractuel est légalement contraignant et ne peut être ignoré sous prétexte qu'il n'y a pas de préjudice.
- L'intérêt doit être simple et non composé — c'est une arme de défense importante dans les litiges bancaires.
- Le total des intérêts ne doit pas dépasser le capital emprunté — un droit garanti qui peut être invoqué.
Conseils juridiques importants
- Avant de signer le contrat de prêt :Vérifiez le taux d'intérêt contractuel inscrit, son type et la méthode de calcul en cas de retard.
- En cas de retard de paiement :Ne tardez pas — contactez immédiatement la banque pour éviter l'accumulation des intérêts.
- Si vous êtes poursuivi :Vérifiez la validité du calcul des intérêts — sont-ils simples ou composés ? Ont-ils dépassé le capital emprunté ?
- Si vous êtes créancier :Tenez-vous à l'intérêt contractuel dès la première audience et n'acceptez pas d'intérêt forfaitaire réduit.
- Dans tous les cas :Faites appel à un avocat spécialisé dans les litiges bancaires pour évaluer votre situation avec précision.
Le rôle de l'avocat dans les litiges bancaires
- Révision des contrats de prêt et détermination précise des intérêts contractuels dus.
- Vérification de la validité des rapports des experts bancaires et contestation de ceux qui sont en infraction.
- Maintien des droits légaux devant les tribunaux à tous les niveaux de contentieux.
- Défense des débiteurs face aux demandes d'intérêts composés ou excessifs.
- Suivi des appels devant la Cour fédérale suprême si nécessaire.
Questions fréquentes
La cour a-t-elle le droit de réduire l'intérêt contractuel ?
Non, si le taux d'intérêt contractuel est clairement stipulé dans le contrat de prêt commercial, le tribunal est obligé de l'appliquer. Juger un taux d'intérêt forfaitaire différent — qu'il soit plus élevé ou plus bas — constitue une erreur d'application de la loi qui nécessite l'annulation selon le jugement de la Cour fédérale suprême.
Est-il nécessaire de prouver le préjudice pour demander des intérêts de retard ?
Non. Dans les dettes commerciales, la loi n'exige pas de prouver le préjudice pour avoir droit aux intérêts de retard — un simple retard de paiement suffit pour y avoir droit.
Est-il permis de calculer des intérêts sur les intérêts (intérêts composés) ?
Non. La Cour fédérale suprême a confirmé que les intérêts doivent être simples et non composés, considérant qu'ils compensent le créancier pour le retard du débiteur et non une pénalité qui se multiplie.
Les intérêts peuvent-ils dépasser le montant du capital de la dette ?
Non. La cour a clairement décidé que le total des intérêts antérieurs et postérieurs à l'introduction de l'action ne doit pas dépasser le solde du capital de la dette.
Que se passe-t-il si le contrat ne stipule pas d'intérêt contractuel ?
Dans ce cas, les intérêts légaux s'appliquent selon le taux moyen des banques, ne dépassant pas 12 % par an. Cela souligne l'importance d'une mention explicite du taux d'intérêt dans le contrat de prêt pour protéger les droits des deux parties.
Résumé
- Le taux d'intérêt contractuel dans le contrat de prêt commercial est obligatoire pour le tribunal et ne peut être remplacé par un taux forfaitaire.
- Il n'est pas nécessaire de prouver le préjudice pour avoir droit aux intérêts de retard dans les dettes commerciales.
- Les intérêts doivent être simples et le total ne peut pas dépasser le capital de la dette.
- Les intérêts après l'introduction de l'action sont calculés selon le taux moyen des banques, avec un maximum de 12 % par an.
- Juger un taux forfaitaire malgré l'existence d'un taux d'intérêt contractuel constitue une erreur juridique qui nécessite l'annulation du jugement.
Avez-vous un litige bancaire concernant les intérêts ou les prêts ?
Que vous soyez une banque revendiquant ses droits ou un emprunteur faisant face à des demandes financières, l'équipe du cabinet d'avocats et de conseils juridiques Awad Al-Muhairiest entièrement prête à vous aider.
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