Organisation de la relation entre bailleurs et locataires immobiliers

Loi sur les loyers à Dubaï — Ce que chaque propriétaire et locataire doit savoir

Loi sur les loyers à Dubaï — Ce que chaque propriétaire et locataire doit savoir

Le secteur locatif à Dubaï n'est pas seulement un marché immobilier — c'est un système juridique précis qui établit des droits et impose des obligations aux deux parties. Que vous soyez propriétaire cherchant à augmenter le loyer, locataire faisant face à une demande d'expulsion, ou partie à un litige locatif, connaître ce que dit la loi est la première étape pour protéger vos droits.

Loi sur les loyers à Dubaï — Ce que chaque propriétaire et locataire doit savoir

Premièrement : le cadre juridique régissant la relation locative

Loi de Dubaï n° (26) de 2007 et ses modifications par la loi n° (33) de 2008

La relation locative dans l'émirat de Dubaï est soumise à un système législatif complet qui regroupe trois sources juridiques principales : la loi régissant la relation entre propriétaires et locataires n° (26) de 2007, ses modifications par la loi n° (33) de 2008, et le décret créant le Centre de règlement des litiges locatifs n° (26) de 2013. Cette loi s'applique à tous les biens loués dans l'émirat, qu'ils soient résidentiels, commerciaux ou professionnels, à l'exception des biens fournis par les employeurs pour le logement des travailleurs sans contrepartie.

Le transfert de propriété à un nouveau propriétaire n'affecte pas le droit du locataire à continuer d'occuper le bien, et le contrat reste en vigueur dans son intégralité jusqu'à son expiration légale.(Article 28)


Deuxièmement : le contrat de location — éléments et enregistrement

Articles 4 – 6

La relation locative ne repose pas sur un accord verbal — la loi exige que le contrat de location contienne une description claire du bien, l'objet de la location, sa durée, son loyer et le mode de paiement, avec obligation de l'enregistrer auprès de l'autorité compétente. Si la durée du contrat expire et que le locataire continue d'occuper le bien avec la connaissance du propriétaire et sans objection, le contrat est considéré comme automatiquement prolongé pour une durée similaire ou d'un an, selon la moindre des deux, et aux mêmes conditions précédentes.

Si le loyer n'est pas spécifié dans le contrat ou s'il est impossible de le prouver, le loyer est celui du marché.Le salaire du semblableIl est estimé selon des critères incluant l'état de la propriété, les loyers des propriétés similaires et la situation économique générale.(article 9)


Troisièmement : Droits et obligations du bailleur

articles 15 – 18 et 25 et 26

Remise de la propriété en bon état d'usage

Le bailleur est tenu de remettre la propriété dans un état permettant au locataire d'en bénéficier conformément à l'usage convenu, toute insuffisance à cet égard engage la responsabilité civile.

Entretien nécessaire

En principe, le bailleur est responsable des travaux d'entretien nécessaires et de la réparation de tout défaut affectant l'usage du locataire, sauf accord contraire des parties.

Non-ingérence dans les droits du locataire

Le bailleur est interdit de faire quoi que ce soit qui prive le locataire de l'usage de la propriété ou le diminue, y compris la coupure des services essentiels.

Approbations nécessaires

Le bailleur doit fournir au locataire les approbations nécessaires pour les travaux de décoration ou les modifications nécessitant des permis, à condition de ne pas affecter la structure du bâtiment.


Quatrièmement : Droits et obligations du locataire

articles 19 – 24

Le locataire est tenu de payer le loyer à temps et de maintenir la propriété comme une personne ordinaire le ferait pour ses biens. Il ne peut pas effectuer de modifications ou de rénovations sans l'autorisation du bailleur et les permis nécessaires, en s'engageant à restituer la propriété dans son état d'origine à la fin, sauf accord contraire.

Le locataire est également interdit de céder son droit d'usage de la propriété ou de la sous-louer sans l'accord écrit explicite du bailleur. De plus, lors de l'évacuation, il ne peut pas enlever les améliorations fixes qu'il a apportées à la propriété sans un accord préalable avec le bailleur.

Si le loyer n'est pas payé dans un délai de30 joursà compter de la date de notification, le bailleur a le droit de demander l'évacuation par voie judiciaire, en tenant compte que la priorité est toujours donnée à un règlement amiable avant de recourir à la justice.(article 25)


Cinquièmement : Augmentation du loyer — Quand est-elle légitime ?

articles 9, 10, 13 et 14

Il n'est pas permis d'augmenter le loyer de manière arbitraire, car la loi a habilité l'Autorité de régulation immobilière à établir les normes concernant les taux d'augmentation autorisés dans l'Émirat de Dubaï. L'Autorité de régulation immobilière a émis le système d'indice des loyers "RERA" qui détermine les taux d'augmentation autorisés en fonction de la moyenne des loyers des propriétés similaires dans la région.

La différence entre le loyer actuel et le prix du marchéLe taux maximum d'augmentation autorisé
Moins de 10 % en dessous de la moyenne du marchéL'augmentation n'est pas permise
De 11 % à 20 % en dessous de la moyenne du marchéMaximum 5 %
De 21 % à 30 % en dessous de la moyenne du marchéMaximum 10 %
De 31 % à 40 % en dessous de la moyenne du marchéMaximum 15 %
Plus de 40 % en dessous de la moyenne du marchéMaximum 20 %

⚠️ Alerte importante :Le bailleur doit informer le locataire de son intention de modifier les conditions du contrat ou du loyer au moins 90 jours avant la fin du contrat, sinon il perd son droit de modifier unilatéralement.(Article 14)


Cinquièmement : Cas d'expulsion — Ce que la loi autorise uniquement

Article 25

La loi a restreint les cas d'expulsion et en a défini les conditions avec précision. Ces cas se divisent en deux types :

L'expulsion avant la fin du contrat — autorisée uniquement dans les cas suivants :

  • Non-paiement du loyer dans les 30 jours suivant la notification.
  • Sous-location sans l'accord écrit du bailleur.
  • Utilisation de la propriété à des fins illégales ou contraires à l'ordre public et aux bonnes mœurs.
  • Abandon du local commercial sans occupation et sans raison valable pendant plus de 30 jours consécutifs ou 90 jours intermittents.
  • Causer des dommages graves à la propriété en raison d'un acte intentionnel ou d'une négligence grave.
  • Utilisation de la propriété à d'autres fins que celles pour lesquelles elle a été louée.
  • Constatation que la propriété est en danger d'effondrement par un rapport technique agréé.
  • Violation des conditions du contrat et non-correction dans les 30 jours suivant la notification.

L'expulsion à la fin du contrat — autorisée dans les cas suivants avec obligation d'informer le locataire avant 12 mois par notaire ou par courrier recommandé :

  • Démolition du bien pour le reconstruire ou ajouter de nouveaux bâtiments.
  • Besoin de travaux de rénovation complète qui ne peuvent être réalisés en présence du locataire.
  • Souhait du propriétaire d'utiliser le bien personnellement ou pour l'un de ses proches jusqu'au premier degré, avec preuve de l'absence d'alternative.
  • Souhait du propriétaire de vendre le bien.

⚠️ Si le bailleur reprend le bien pour un usage personnel puis le loue à un autre, cela n'est permis qu'après un délai de deux ans pour les biens résidentiels ettrois ans pour les biens commerciaux, sinon le locataire a le droit de demander une compensation équitable.(article 26)


Septième : Centre de règlement des litiges locatifs

Décret n° (26) de l'année 2013

En vertu de ce décret, le Centre de règlement des litiges locatifs est l'autorité exclusive compétente pour examiner tous les litiges locatifs dans l'Émirat de Dubaï, et il se compose de trois niveaux :

l'autoritéla compétencele sort de la décision
Direction de la conciliation et de la médiationRèglement amiable avant le litigeAccord de conciliation par force de titre exécutoire
Chambre de première instanceExamen des litiges locatifs en première instanceJugement susceptible d'appel
Chambre d'appelRecours contre les jugements de la chambre de première instanceJugement définitif exécutoire

Le centre n'est pas compétent pour les litiges se déroulant dans les zones franches qui ont leurs propres comités ou tribunaux, ni pour les litiges de location financière, ni pour les contrats de location à long terme soumis à des lois spécifiques.


Huitième : Questions fréquentes sur la loi sur les loyers à Dubaï

Le bailleur peut-il augmenter le loyer à tout moment ?
Non. L'augmentation du loyer est soumise au système d'indice des loyers émis par l'Autorité de régulation immobilière (RERA), et repose sur la différence entre le loyer actuel et la moyenne des loyers du marché. De plus, le locataire doit être informé de l'augmentation au moins 90 jours avant la fin du contrat, sinon le droit de l'effectuer est perdu.
Que se passe-t-il si le contrat se termine et que le locataire n'a pas été informé du non-renouvellement ?
Si le contrat prend fin et que le locataire continue d'occuper le bien avec la connaissance du bailleur et sans objection de sa part, le contrat est considéré comme automatiquement prolongé pour une durée équivalente ou d'un an, selon la moindre de ces deux options, et aux mêmes conditions. Ainsi, le bailleur souhaitant ne pas renouveler doit en informer le locataire 90 jours avant la fin du contrat.
Le bailleur peut-il expulser le locataire en raison d'un retard de paiement d'un jour ou deux ?
Non. La loi accorde au locataire un délai de 30 jours à partir de la date de notification officielle de paiement avant que le bailleur puisse demander l'expulsion par voie judiciaire. Ainsi, la demande d'expulsion doit être précédée d'une notification officielle, suivie de 30 jours sans paiement.
La vente du bien signifie-t-elle que le locataire doit partir ?
Pas nécessairement. Le transfert de propriété ne met pas fin au contrat de location, et le nouveau propriétaire est tenu de respecter le contrat en cours jusqu'à son expiration. Sauf si l'expulsion en raison de la vente a été notifiée au locataire 12 mois à l'avance conformément aux procédures légales établies.
Que signifie la priorité du locataire à revenir ?
Si le bien est démoli et reconstruit ou rénové, le locataire a le droit de priorité pour le louer à nouveau selon les conditions définies par les normes légales. Il doit exercer ce droit dans les 30 jours suivant la notification par le bailleur.
Le locataire peut-il sous-louer sans informer le bailleur ?
Non. La sous-location sans l'accord écrit explicite du bailleur constitue une violation légale permettant au bailleur de demander l'expulsion conformément à l'article 25 de la loi. La relation du sous-locataire prend fin automatiquement à l'expiration du contrat de location original, sauf si le bailleur accepte de continuer.
Que dois-je faire si le bailleur coupe les services du bien ?
La coupure des services constitue une violation manifeste de la loi. Le locataire a le droit de se rendre immédiatement au Centre de résolution des litiges locatifs pour déposer une plainte urgente, documenter l'incident et demander la rétablissement des services ainsi qu'une indemnisation pour les dommages. Il est conseillé de tout documenter par écrit et par des photos avant de se rendre au centre.

Êtes-vous confronté à un litige locatif à Dubaï ou avez-vous besoin de réviser votre contrat de location avant de signer ?

L'équipe Cabinet Awaid Al-Muhairi d'avocats et de conseils juridiquesest entièrement prête à vous fournir des conseils juridiques spécialisés et à vous représenter devant le Centre de résolution des litiges locatifs avec professionnalisme.

Avertissement :Le contenu de ce blog est uniquement destiné à des fins d'information et de sensibilisation générale, et ne constitue en aucun cas un conseil juridique spécialisé, ni ne le remplace. Chaque affaire juridique diffère par ses circonstances et ses détails, il est donc conseillé de consulter un avocat spécialisé pour obtenir un avis juridique précis adapté à votre situation.