Loi sur la concurrence des Émirats : monopole, amendes et protection du marché

Loi sur la concurrence aux Émirats : monopole et sanctions

Loi sur la concurrence aux Émirats : monopole et sanctions

Loi sur la concurrence aux Émirats
Pratiques interdites, sanctions et droits des entreprises

Le décret-loi fédéral n° (36) de 2023 sur la régulation de la concurrence remplace la loi fédérale n° (4) de 2012, renforçant la protection de l'environnement des affaires et luttant contre le monopole et l'abus de position dominante. Il s'applique à toutes les entreprises exerçant une activité économique dans le pays, y compris celles opérant à l'extérieur, tant qu'elles affectent la concurrence à l'intérieur.

Notre équipe présente dans cet article les principales dispositions de cette loi.


Premièrement : les accords restreignant la concurrence

La loi interdit les accords entre entreprises ayant pour objet ou effet de nuire à la concurrence, notamment :

  • Fixation des prix de vente ou d'achat de manière directe ou indirecte.
  • Entente sur les offres, appels d'offres et enchères.
  • Gel de la production, de la distribution ou du marketing, ou limitation de ceux-ci.
  • Entente pour refuser d'acheter d'une entreprise spécifique ou de lui vendre.
  • Partage des marchés ou allocation des clients sur des bases géographiques ou temporelles.
  • Prendre des mesures pour entraver l'entrée d'entreprises sur le marché ou les en exclure.

Deuxièmement : abus de position dominante

La loi interdit à toute entreprise en position dominante sur le marché d'adopter des comportements qui conduisent à un abus de cette position, notamment :

  • Imposition de prix de revente de manière directe ou indirecte.
  • Vente à des prix inférieurs au coût réel dans le but d'éliminer les concurrents.
  • Discrimination injustifiée entre clients en termes de prix ou de conditions.
  • Forcer un client à ne pas traiter avec une entreprise concurrente.
  • Diffusion d'informations incorrectes sur les produits ou leurs prix.
  • Entraver l'accès d'autres entreprises aux réseaux ou à l'infrastructure physique ou numérique.
Quand la position dominante est-elle atteinte ?Lorsque la part de marché de l'entreprise dépasse le pourcentage fixé par le Conseil des ministres, ou lorsqu'elle a la capacité d'influencer de manière à nuire au marché selon ce que précise le règlement d'application.

Troisièmement : Abus de la dépendance économique

La loi interdit également d'exploiter la dépendance économique des clients qui n'ont pas d'alternatives pour le marketing ou l'approvisionnement, y compris l'imposition de conditions de revente, la discrimination des prix, la contrainte du client à ne pas traiter avec des concurrents, et le refus injustifié de traiter selon les conditions commerciales habituelles.


Quatrièmement : Concentration économique (fusion et acquisition)

L'article (12) de la loi exige l'approbation du ministère de l'Économie avant de finaliser toute opération de concentration économique (fusion ou acquisition) susceptible d'affecter la concurrence, dans deux cas :

  • Lorsque le chiffre d'affaires annuel total des entreprises concernées dépasse le seuil fixé par le Conseil des ministres.
  • Lorsque la part totale des entreprises dépasse le pourcentage fixé par le Conseil des ministres sur le marché concerné.
Phase de demandeDurée
Soumettre la demande avant de finaliser l'opérationAu moins 90 jours
Décision sur la demande par le ministre90 jours, renouvelables de 45 jours
Soumettre des engagements volontaires pour éviter les effets négatifsDans les 30 jours suivant l'achèvement de la demande

Le silence du ministre pendant la période prévue est considéré comme un refus de l'opération de concentration. Le ministre peut approuver sans condition, avec des engagements ou refuser.


Cinquièmement : Exemptions disponibles

La loi permet des exemptions de certaines dispositions si les entreprises prouvent que l'accord ou la pratique est nécessaire pour promouvoir le développement économique, améliorer la compétitivité, développer la production ou réaliser des avantages pour le consommateur, sous deux conditions :

  • Ne pas imposer de restrictions dépassant ce qui est nécessaire pour atteindre l'objectif.
  • Ne pas aboutir à l'exclusion totale de la concurrence sur le marché concerné ou une partie importante de celui-ci.

La demande d'exemption doit être soumise au ministère de l'Économie avec les documents requis, et sera traitée dans un délai de 90 jours, renouvelable de 45 jours. L'absence de réponse est considérée comme un refus de la demande.


Sixième : amendes et sanctions

InfractionAmende
Violation des dispositions des accords restrictifs ou de la position dominante ou de la dépendance économique ou des prix basPas moins de 100 000 dirhams et ne dépassant pas 10 % du chiffre d'affaires total de l'établissement au cours de la dernière année financière
Pour l'infraction si les ventes ne peuvent être déterminéesDe 500 000 à 5 000 000 dirhams
Violation des conditions de concentration économiqueDe 2 % à 10 % du chiffre d'affaires total, ou de 500 000 à 5 000 000 dirhams
Réalisation de la concentration sans attendre la décisionDe 50 000 à 500 000 dirhams
Obstruction des employés du ministère ou rétention d'informationsDe 50 000 à 500 000 dirhams
Divulgation d'informations confidentielles par des employés du ministèreDe 50 000 à 200 000 dirhams
Sanctions supplémentaires :Le tribunal, en cas de condamnation, peut ordonner la fermeture de l'établissement de 3 à 6 mois, et la publication du jugement dans deux journaux quotidiens aux frais de l'infracteur. Cela n'affecte pas le droit de la victime de demander des dommages et intérêts devant le tribunal.

Septième : dépôt de plaintes et recours

Toute personne intéressée peut déposer une plainte auprès du ministère de l'Économie ou de l'autorité concernée. Les plaintes sont prescrites après 5 ans à compter de la date de l'infraction, sauf pour les pratiques continues dont les effets s'étendent sur plus de cinq ans.

Toute personne intéressée peut contester par écrit toute décision prise dans un délai de 15 jours ouvrables à compter de la notification, et le recours sera traité dans un délai de 30 jours. Il est possible de faire appel de la décision de rejet devant le tribunal compétent dans un délai de 30 jours.


Questions fréquentes

La loi sur la concurrence s'applique-t-elle aux entreprises publiques ?

Sont exclues de l'application de la loi les entreprises détenues par le gouvernement fédéral, dont la détermination est faite par un décret du Conseil des ministres, ainsi que les entreprises détenues par les gouvernements des Émirats et exerçant leur activité à l'intérieur de l'émirat. En revanche, les entreprises gouvernementales commerciales non couvertes par le décret d'exception sont soumises à la loi.

Quelle est la différence entre l'accord restrictif de concurrence et la position dominante ?

L'accord restrictif est une coordination entre deux entreprises ou plus visant à nuire à la concurrence, comme la collusion sur les prix ou le partage des marchés. En revanche, la position dominante est une situation où une entreprise ou un groupe d'entreprises contrôle le marché et exploite ce contrôle contre les concurrents ou les consommateurs.

Est-il permis de fusionner avec une entreprise concurrente aux Émirats ?

Oui, cependant, il est nécessaire de soumettre une demande au ministère de l'Économie au moins 90 jours avant l'achèvement de l'opération si les limites de ventes ou de part de marché requises sont atteintes. La fusion ne peut pas aller de l'avant tant que l'approbation n'est pas obtenue ou que le délai n'est pas écoulé.

La vente à des prix très bas est-elle une violation de la loi sur la concurrence ?

Oui, si l'objectif est d'éliminer un concurrent du marché ou d'empêcher son entrée. Sont exemptées les réductions générales régies par la loi sur la protection des consommateurs et la liquidation des magasins.

Que signifie la collusion dans les appels d'offres et quelle est sa sanction ?

C'est un accord secret entre des entreprises concurrentes pour désigner le gagnant de l'appel d'offres ou coordonner les offres soumises. C'est l'une des violations les plus graves, avec une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires total de l'entreprise, en plus de la possibilité de sa fermeture.

Deux entreprises peuvent-elles collaborer dans un projet commun sans enfreindre la loi sur la concurrence ?

Oui, si la collaboration vise à promouvoir le développement économique, à améliorer la compétitivité ou à réaliser des avantages pour le consommateur, et que le ministère en est informé et qu'une exemption nécessaire est accordée. L'exemption n'est pas automatique, elle nécessite un préavis et l'obtention d'une décision.

Les dispositions de la loi s'appliquent-elles aux activités numériques et aux plateformes électroniques ?

Oui, la loi s'applique expressément à l'infrastructure numérique et aux réseaux électroniques, et il est interdit à l'entité en position dominante d'entraver l'accès des autres entités si cela est le seul moyen possible d'exercer une activité économique.

Quelle est la durée de prescription des plaintes en matière de concurrence ?

Les plaintes se prescrivent par cinq ans à compter de la date de la violation, à l'exception des pratiques dont les effets s'étendent au-delà.

Est-il possible de parvenir à un règlement dans les affaires de concurrence ?

Oui, le ministre ou son délégué peut conclure un règlement avant de renvoyer l'affaire pénale au tribunal, contre un montant d'au moins le double du minimum de l'amende prévue.


Résumé

  • La loi interdit les accords entre les entités qui restreignent la concurrence et nuisent au consommateur.
  • L'abus de position dominante ou de dépendance économique est expressément interdit.
  • Les opérations de fusion et d'acquisition ayant un impact sur la concurrence nécessitent une approbation préalable.
  • Les amendes peuvent atteindre 10 % du chiffre d'affaires annuel total ou 5 millions de dirhams.
  • La personne lésée a le droit d'intenter une action civile pour demander des dommages-intérêts, indépendamment de la sanction pénale.

Si votre entreprise fait l'objet d'une enquête ou d'une plainte concernant la concurrence, ou si elle a besoin de revoir ses accords commerciaux ou ses transactions de fusion et d'acquisition à la lumière de cette loi, notre équipe est prête à fournir les conseils juridiques nécessaires.