Lutte contre le blanchiment d'argent : Les Émirats lancent la troisième évaluation nationale des risques

Lutte contre le blanchiment d'argent : Les Émirats lancent la troisième évaluation nationale des risques

Le Secrétariat général du Comité national de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération a annoncé le lancement du troisième cycle de l’évaluation nationale des risques aux Émirats arabes unis, avec la participation de 84 autorités compétentes et du secteur privé, afin d’actualiser la compréhension nationale des risques, de définir les priorités pour y faire face et de développer les politiques et procédures qui renforcent l’efficacité du dispositif national.

Cette annonce a été faite lors d’un point de presse organisé par le Secrétariat général en marge du quinzième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale à Abou Dhabi, en présence de plusieurs présidents des sous-comités du Comité national et des chefs des équipes de la troisième évaluation nationale des risques.

Son Excellence Hamid Saif Al Zaabi, secrétaire général et vice-président du Comité national de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération, a affirmé que l’évaluation nationale des risques constitue une base pour l’élaboration des politiques et la définition des priorités face à la criminalité financière. Le troisième cycle s’appuie sur une expertise nationale cumulée et sur des progrès dans la qualité des données et la coordination entre les autorités, ce qui permet une compréhension plus approfondie des risques et oriente les efforts et les ressources vers les domaines les plus risqués et ayant le plus d’impact.

Il a ajouté que les résultats de l’évaluation aident les autorités de contrôle à élaborer des plans de supervision fondés sur les risques, permettent aux services répressifs d’orienter leurs capacités et donnent au secteur privé les moyens d’actualiser ses évaluations institutionnelles et ses contrôles internes, soulignant qu’une compréhension précise des risques renforce la capacité de l’État à protéger l’intégrité des marchés et à soutenir la compétitivité de l’économie nationale.

Son Excellence le Dr Talal Al Teneiji, directeur du Bureau exécutif du contrôle et de la non-prolifération et chef de l’équipe d’évaluation du financement de la prolifération, a expliqué que le rôle de l’équipe dans le troisième cycle de l’évaluation nationale des risques consiste à collecter et analyser les informations provenant des autorités gouvernementales et de contrôle et du secteur privé, afin d’identifier les menaces et les vulnérabilités liées au financement de la prolifération, y compris les risques de non-application ou de contournement des sanctions financières ciblées.

Il a indiqué que ces sanctions visent des personnes et entités déterminées et comprennent le gel sans délai de leurs fonds et avoirs ainsi que l’interdiction de mettre à leur disposition, directement ou indirectement, des fonds ou des ressources économiques.

Il a ajouté que les fonds liés au financement de la prolifération peuvent être d’origine licite, tandis que les risques peuvent apparaître dans les transactions commerciales, les biens à double usage, les structures de sociétés, les intermédiaires et les tentatives de dissimuler les véritables parties.

Il a précisé que l’équipe travaille avec les autorités compétentes à forger une compréhension nationale commune de ces risques et à exploiter les résultats de l’évaluation pour définir les priorités, développer les mesures préventives et de contrôle et orienter les entités concernées dans l’actualisation de leurs évaluations et contrôles selon une approche fondée sur les risques. Les résultats devraient favoriser l’application cohérente des sanctions financières ciblées, améliorer la détection des indicateurs de contournement grâce à l’analyse des transactions et des liens entre les parties, et renforcer l’échange d’informations en temps utile entre les autorités de contrôle, les services répressifs et le secteur privé.

Son Excellence le général de brigade Abdulaziz Abdullah Al Ahmad, directeur général de la Police criminelle fédérale et chef de l’équipe d’évaluation des menaces de blanchiment d’argent, a affirmé que la troisième évaluation nationale des risques couvre 21 infractions sous-jacentes et plus de 20 schémas criminels, afin de dresser une compréhension globale des sources des produits illicites et des méthodes utilisées pour les dissimuler, les transférer ou les intégrer dans l’économie. Il a souligné que l’évaluation des risques de blanchiment ne repose pas sur le seul nombre d’affaires, mais tient compte du volume des produits, du lien des infractions avec la criminalité organisée, de leur degré de complexité, des ramifications internationales et de leur impact sur la société et l’économie.

Il a indiqué que l’équipe d’évaluation des menaces de blanchiment d’argent coordonne, collecte et analyse les données et statistiques des autorités concernées, en s’appuyant sur les données relatives aux infractions sous-jacentes, aux infractions de blanchiment, à leurs schémas et modes opératoires et aux sources des produits illicites, afin de renforcer l’exactitude et l’intégration des données et d’aider à déterminer la nature des menaces et leurs niveaux de risque.

Il a affirmé que les résultats de l’évaluation contribueront à identifier, tracer, geler, saisir et confisquer les produits du crime, et à orienter les ressources humaines, matérielles et techniques en fonction du niveau de risque.

Le Dr Ibrahim Al Alkeem Al Zaabi, directeur du département des politiques et des risques nationaux au Secrétariat général, a déclaré : « La méthodologie de l’évaluation combine données opérationnelles, expertise de contrôle et analyse sectorielle, et repose sur la vérification des résultats et leur comparaison entre plusieurs sources. La participation des autorités compétentes et du secteur privé permet de construire une image intégrée des risques et d’identifier les lacunes de données et les domaines nécessitant une analyse approfondie, afin d’aboutir à des résultats qui soutiennent la prise de décision et le développement de la réponse nationale. »

Il a expliqué que l’évaluation se déroule en cinq étapes interdépendantes, qui commencent par la définition du périmètre et des priorités initiales, suivies de la collecte des données et des preuves, de l’analyse des risques, puis de la vérification des résultats et de leur comparaison entre les sources, pour s’achever par la transformation des résultats, des risques prioritaires et des lacunes de données essentielles en éléments de la Stratégie nationale 2028 et du Plan d’action national.

Fawzia Al Ali, cheffe de la section des risques nationaux au Secrétariat général, a souligné que l’évaluation couvre les activités agréées, non agréées et émergentes, l’exposition aux flux financiers illicites et aux flux transfrontaliers, le recouvrement des avoirs, la transparence des bénéficiaires effectifs et l’utilisation abusive des personnes morales et des constructions juridiques. Elle traite également des schémas de fraude liés aux technologies modernes, des actifs virtuels, de la complexité des chaînes de propriété, des nouveaux canaux de financement et des risques de financement de la prolifération.

Elle a mis en avant la complémentarité des rôles des autorités fédérales et locales, des autorités de contrôle, des services répressifs, de la Cellule de renseignement financier, des autorités douanières et des autorités d’enregistrement et d’agrément, ainsi que la contribution du secteur privé au moyen de questionnaires, d’entretiens et de données sectorielles, dans la réalisation de l’évaluation.

Le troisième cycle s’appuie sur les résultats des deux cycles précédents : le premier, achevé en 2018, a établi la base nationale de compréhension des risques, tandis que le deuxième, dont les résultats ont été adoptés en 2024, a élargi le champ des données et de la participation, et ses conclusions ont contribué à l’élaboration de la Stratégie nationale 2024–2027, qui comprend 11 objectifs stratégiques, 50 objectifs secondaires et plus de 250 initiatives.

Le point de presse a passé en revue le périmètre, la méthodologie et les étapes de mise en œuvre du troisième cycle, les rôles des entités participantes et les principaux résultats visés pour renforcer la capacité du dispositif national à détecter, analyser et traiter les risques.

Source : Agence de presse des Émirats (WAM)