Mohammed ben Rachid adopte une loi sur le développement social à Dubaï

Mohammed ben Rachid adopte une loi sur le développement social à Dubaï

Son Altesse Cheikh Mohammed ben Rachid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre de l'État, que Dieu le protège, en sa qualité de souverain de l'émirat de Dubaï, a promulgué la loi n° (12) de 2026 relative à l'Autorité de développement communautaire de Dubaï.

La loi a défini les objectifs de l'Autorité consistant à réglementer le secteur social dans l'émirat de Dubaï, à le développer et à le faire progresser, de manière à contribuer à la réalisation d'un développement communautaire durable, à rehausser la qualité des services sociaux dans l'émirat, à organiser la prestation de ces services et à les rendre accessibles aux différentes catégories de la société, à garantir la protection des catégories les plus exposées au préjudice et à contribuer à leur intégration dans la société, à réaliser l'autonomisation sociale et financière des citoyens de Dubaï, et à faire de l'émirat le meilleur endroit où vivre et travailler, outre la contribution à la réalisation de la cohésion sociale entre les membres et les composantes de la société, et l'encouragement des composantes de la société à participer et à assumer la responsabilité communautaire.

Loi n° 12 de 2026 — Autorité de développement communautaire de Dubaï

L'autorité gouvernementale compétente pour la réglementation, le développement et le contrôle du secteur social dans l'émirat

12 / 2026

Nouvelle loi

8 / 2015

Remplace

15 / 2020

Abroge

Les six piliers de la loi

01

Réglementation du secteur social

Élaboration de plans stratégiques et de politiques sociales, proposition de législation et développement du secteur.

02

Licences et contrôle

Agrément des institutions d'utilité publique et des praticiens des professions sociales, et réglementation du bénévolat.

03

Prise en charge des mineurs et des incapables

Protection, prise en charge, représentation et suivi des conditions de vie dans leur intérêt supérieur.

04

Personnes à faible revenu

Définition de la catégorie, révision périodique de ses critères, et autonomisation sociale et financière.

05

L'Observatoire social

Étude des phénomènes sociaux, collecte de données, prévision et intervention précoce.

06

Le système unifié et le fonds de développement

Gestion des cas sociaux et humanitaires et financement des projets et des aides.

Compétences de l'Autorité

La loi a également défini les compétences et les missions de l'Autorité de développement communautaire en tant qu'entité gouvernementale compétente pour réglementer, développer et contrôler le secteur social dans l'émirat ; ses missions les plus importantes comprennent : l'élaboration et le développement des plans stratégiques et des politiques sociales relatifs à la réalisation d'un développement communautaire durable et au développement du secteur social, et la proposition de législations relatives au développement communautaire ainsi qu'à la réglementation et au développement du secteur social dans l'émirat.

Les compétences de l'Autorité comprennent également l'agrément des institutions d'utilité publique conformément à la législation en vigueur ainsi que leur contrôle et leur supervision, la réglementation et l'agrément des praticiens des professions sociales, la délivrance des autorisations nécessaires aux prestataires de services sociaux, la réglementation du bénévolat dans l'émirat, la garantie de la disponibilité des services sociaux pour les individus et les familles, et l'autonomisation sociale et financière des catégories les plus exposées au préjudice parmi les citoyens et leurs familles.

Conformément à la loi, l'Autorité de développement communautaire de Dubaï est chargée de créer et de développer un système intégré de protection des catégories les plus exposées au préjudice, en particulier les enfants et les personnes en situation de handicap, d'élaborer les programmes et les plans à même de renforcer la cohésion sociale et familiale et la participation communautaire, de créer des centres communautaires et des conseils de quartiers résidentiels, de mener des recherches et des études sociales, et de nouer des partenariats avec le secteur privé, les institutions d'utilité publique et les entités gouvernementales, de manière à contribuer à l'exhaustivité et à l'intégration des services sociaux et à renforcer leur efficacité et leur efficience.

La loi a également stipulé que l'Autorité est dotée d'un directeur général, nommé par un décret émis par Son Altesse le souverain de Dubaï, le directeur général étant chargé de superviser l'Autorité et de prendre ce qui est nécessaire à la réalisation de ses objectifs et à lui permettre d'exercer les compétences qui lui sont confiées.

Prise en charge des mineurs et des personnes incapables ou à capacité réduite

La loi a traité de la réglementation de la prise en charge des mineurs et des personnes incapables et à capacité réduite, l'Autorité de développement communautaire de Dubaï étant considérée comme l'entité gouvernementale compétente dans l'émirat pour tout ce qui concerne la prestation de services sociaux à leur profit, en vertu d'une décision émanant des autorités judiciaires ou des autorités compétentes. Les missions de l'Autorité comprennent la prise des procédures et mesures nécessaires au suivi de la situation de vie du mineur, la vérification qu'il reçoit les soins et que ses besoins de subsistance, sociaux, sanitaires, éducatifs et récréatifs sont satisfaits de manière à réaliser son intérêt supérieur, la vérification que les personnes incapables et à capacité réduite obtiennent les soins et la protection qui leur sont nécessaires, y compris la prise en charge alternative, qu'elle soit familiale ou institutionnelle, la représentation des mineurs et des personnes incapables et à capacité réduite en matière de protection et de prise en charge devant les entités gouvernementales et non gouvernementales et les autorités judiciaires compétentes, la fourniture d'une protection contre toute pratique illicite à laquelle ils pourraient être exposés, outre le placement des personnes dont l'Autorité assure la prise en charge dans l'un des foyers de soins sociaux ou sanitaires, conformément aux conditions et règles approuvées à cet égard.

Personnes à faible revenu

La loi a traité de la réglementation des affaires des personnes à faible revenu, l'Autorité de développement communautaire étant chargée, conformément aux critères approuvés par le président du Conseil exécutif de l'émirat de Dubaï, de définir et de déterminer la catégorie des personnes à faible revenu, aux fins de l'exercice des compétences qui lui sont confiées en vertu de la présente loi ; elle est également chargée de procéder à la révision périodique des critères de faible revenu à la lumière des indicateurs économiques et sociaux, et de soumettre les recommandations appropriées à ce sujet au Conseil exécutif pour approbation.

L'Observatoire social

La loi a également stipulé la création d'un observatoire social au sein de la structure organisationnelle de l'Autorité, en coopération et en coordination avec les entités compétentes, afin d'étudier les différents phénomènes sociaux dans l'émirat de Dubaï, d'en collecter les données, de les anticiper, et d'œuvrer à l'intervention précoce et à la lutte contre les phénomènes négatifs parmi eux, ainsi qu'à la prévention et à la limitation de leurs effets sur la société. L'observatoire social est chargé d'étudier les phénomènes sociaux décelés, de les analyser, d'en connaître les causes et d'en mesurer l'impact sur la société, outre la mise en place d'un système de constitution de la base de données sociale englobant toutes les catégories de la société, en particulier les catégories les plus exposées au préjudice, tandis que les entités compétentes sont tenues de fournir les données et informations nécessaires pour permettre à l'Autorité de créer et de gérer l'observatoire social et d'atteindre les finalités pour lesquelles il a été créé.

Le système unifié

La loi a également stipulé la création d'un système unifié de gestion des cas sociaux et des cas humanitaires nécessitant des services sociaux à l'échelle de l'émirat de Dubaï, et ce en coordination avec les entités compétentes, afin de garantir l'intégration et l'exhaustivité des services sociaux fournis à ces cas. Par l'intermédiaire du système unifié, l'Autorité est chargée d'étudier et d'évaluer les cas sociaux et humanitaires nécessitant des services sociaux et d'en assurer le suivi, en coordination avec les entités compétentes et les prestataires de ces services, afin de garantir que les personnes concernées obtiennent les services sociaux dont elles ont besoin, ainsi que leur autonomisation sociale.

La loi a imposé aux entités gouvernementales locales qui fournissent des services à caractère social d'utiliser le système unifié et d'assurer la connexion électronique nécessaire à ce système, et a également imposé aux entités gouvernementales locales et aux prestataires de services sociaux dans l'émirat de Dubaï de fournir à l'Autorité l'ensemble des données et informations qu'elle demande, en vue de créer, de gérer et d'exploiter le système unifié, conformément aux critères et mécanismes établis par l'Autorité pour la gestion et le traitement des cas sociaux et humanitaires.

La loi a également stipulé la création du « Fonds de développement communautaire » au sein de l'Autorité, dont les recettes sont affectées à l'octroi d'un soutien financier aux catégories qui en bénéficient et au financement des projets et services sociaux dans l'émirat de Dubaï. Le Fonds vise à contribuer à la réalisation du développement social à Dubaï et à l'édification d'une société plus cohésive et plus stable, à contribuer à assurer la protection et la prise en charge sociales des catégories les plus exposées au préjudice, à leur fournir des aides en numéraire et en nature, outre la fourniture d'aides d'urgence aux personnes sinistrées en cas de catastrophes, de crises et de circonstances exceptionnelles.

Le Fonds vise également à fournir le financement nécessaire au soutien des programmes de formation professionnelle destinés aux personnes sans emploi et à leur préparation au marché du travail, à contribuer à l'amélioration de la qualité de vie des catégories bénéficiaires, au relèvement de leur niveau de vie et au renforcement de leur rôle dans la société, outre le renforcement du partenariat avec le secteur privé et l'incitation des entreprises, des institutions et des individus à contribuer au financement des programmes de développement communautaire.

Émission des décisions d'exécution

La loi a stipulé que le directeur général de l'Autorité de développement communautaire de Dubaï émet les décisions nécessaires à l'exécution des dispositions de la loi, à l'exception des décisions relevant de la compétence du président du Conseil exécutif conformément à ses dispositions, ces décisions devant être publiées au Journal officiel du Gouvernement de Dubaï.

La présente loi remplace la loi n° (8) de 2015 relative à l'Autorité de développement communautaire de Dubaï, et la loi n° (15) de 2020 relative au transfert de certaines compétences attribuées à la Fondation des biens de mainmorte et des affaires des mineurs vers l'Autorité de développement communautaire de Dubaï est abrogée ; est également abrogée toute disposition figurant dans tout autre texte législatif dans la mesure où elle est contraire aux dispositions de la nouvelle loi.

Les décisions et règlements émis en application de la loi n° (8) de 2015 relative à l'Autorité de développement communautaire de Dubaï demeurent en vigueur, dans la mesure où ils ne sont pas contraires aux dispositions de la nouvelle loi, jusqu'à l'émission des décisions et règlements qui les remplacent.

La présente loi est publiée au Journal officiel et entre en vigueur à compter de la date de sa publication.

Commentaire de l'avocat Awadh Almheiri

La loi n° 12 de 2026 représente une évolution réglementaire importante dans la gouvernance du secteur social de l'émirat de Dubaï, dès lors qu'elle remplace la loi n° 8 de 2015 et abroge la loi n° 15 de 2020, unifiant ainsi le cadre législatif de référence de l'Autorité de développement communautaire et élargissant le champ de ses compétences pour englober la réglementation, l'octroi de licences et le contrôle du secteur social au sein d'un cadre unique.

Parmi les points les plus marquants pour le praticien du droit figure le fait que la loi a consacré la compétence de l'Autorité en matière de prise en charge des mineurs et des personnes incapables ou à capacité réduite en vertu de décisions des autorités judiciaires ou compétentes, assortie du pouvoir de les représenter devant les instances judiciaires et non judiciaires et d'assurer une prise en charge alternative, familiale ou institutionnelle ; cela renforce la protection juridique de ces catégories et impose aux familles, aux tuteurs et aux prestataires de soins de se coordonner avec l'Autorité pour tout ce qui concerne leurs affaires.

La loi a également imposé aux entités gouvernementales locales qui fournissent des services à caractère social de s'intégrer au système unifié, d'assurer la connexion électronique et de fournir des données à l'Autorité, ce qui entraîne des obligations opérationnelles et réglementaires exigeant de ces entités qu'elles revoient leurs procédures pour garantir leur conformité. Quant au secteur privé, aux institutions d'utilité publique et aux praticiens des professions sociales, leur assujettissement à l'octroi de licences et au contrôle de l'Autorité fait du respect des exigences d'agrément et du maintien de la conformité une question essentielle pour éviter d'engager leur responsabilité.

Nous soulignons que les décisions et règlements émis en application de la loi antérieure demeurent en vigueur, dans la mesure où ils ne sont pas contraires à la nouvelle loi, jusqu'à l'émission de ceux qui les remplacent ; nous recommandons par conséquent aux entités et aux personnes concernées de suivre les décisions d'exécution émises par l'Autorité afin de régulariser leur situation conformément au nouveau cadre.

Awadh Almheiri Law Firm and Legal Consultations

Une équipe choisie d'avocats et de conseillers juridiques qui suit toutes les nouvelles législations et résolutions de l'émirat de Dubaï et des Émirats arabes unis, et fournit des conseils juridiques spécialisés dans les affaires civiles, commerciales, administratives et pénales.