Secteur : Impôts

Taxe sur la valeur ajoutée aux Émirats : calcul et enregistrement

Taxe sur la valeur ajoutée aux Émirats : calcul et enregistrement

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) constitue l'un des systèmes fiscaux les plus importants mis en œuvre aux Émirats arabes unis, entré en vigueur le 1er janvier 2018 en vertu du Décret-loi fédéral n° (8) de 2017. Cette taxe est imposée à un taux standard de 5 % sur la fourniture et l'importation de biens et de services à chaque étape de la production et de la distribution, et elle concerne toute personne exerçant une activité commerciale, professionnelle ou industrielle au sein de l'État. Compte tenu de son champ d'application étendu et des multiples obligations qu'elle entraîne, la compréhension de ses dispositions est devenue essentielle pour tout assujetti, entreprise ou particulier qui y est soumis, afin d'éviter les amendes administratives et d'assurer une conformité appropriée. Dans cet article, nous proposons une lecture juridique spécialisée des dispositions les plus marquantes de cette loi ainsi que des amendements et règlements d'exécution qui l'ont suivie.

Qu'est-ce que la taxe sur la valeur ajoutée aux Émirats arabes unis et comment est-elle appliquée en vertu de la loi fédérale ?

5 %
Le taux standard de la taxe sur la fourniture et l'importation de biens et de services
375 000
Seuil d'enregistrement obligatoire en AED (selon le règlement d'exécution)
187 500
Seuil d'enregistrement volontaire en AED (selon le règlement d'exécution)

Premièrement : Définition de la taxe, son taux et son champ d'application

La loi a défini la taxe sur la valeur ajoutée comme une taxe imposée sur l'importation et la fourniture de biens et de services à chaque étape de la production et de la distribution, y compris la fourniture réputée. La taxe est imposée sur toute fourniture taxable et toute fourniture réputée effectuée par l'assujetti, ainsi que sur l'importation des biens concernés, sauf disposition contraire du règlement d'exécution.

La loi a fixé le taux standard de la taxe à 5 %, imposé sur la valeur de la fourniture ou de l'importation. Elle a également attribué la responsabilité de la taxe à l'assujetti effectuant toute fourniture taxable, à l'importateur des biens concernés, et à l'inscrit qui acquiert des biens selon le mécanisme d'autoliquidation.

Notions essentielles : La loi a distingué entre une « fourniture taxable » — étant une fourniture de biens ou de services à titre onéreux dans le cadre de l'exercice d'une activité ; une « fourniture exonérée » — sur laquelle la taxe n'est pas imposée et pour laquelle la taxe en amont n'est pas récupérable ; et une « fourniture à taux zéro » — qui demeure une fourniture taxable mais à un taux nul permettant la récupération de la taxe en amont.

Deuxièmement : Les types de fourniture taxable

La loi a abordé la fourniture sous ses diverses formes, précisant qu'une fourniture de biens comprend le transfert de propriété des biens à une autre personne ou le droit d'en disposer, ainsi que la conclusion d'un contrat entre deux parties ou plus entraînant le transfert des biens à une date ultérieure. Une fourniture de services couvre toute fourniture qui n'est pas considérée comme une fourniture de biens. La loi a également traité des cas particuliers tels qu'une fourniture composée de plusieurs éléments pour un prix unique, la fourniture par l'intermédiaire d'un agent, et les fournitures effectuées par les entités gouvernementales.

La fourniture réputée

La loi a identifié les cas dans lesquels une cession est traitée comme s'il s'agissait d'une fourniture taxable même si elle n'est pas effectuée à titre onéreux, notamment : la cession d'actifs de l'activité de l'assujetti sans contrepartie ; le transfert de biens de l'activité de l'assujetti dans l'État vers son activité dans un État appliquant la taxe ; l'utilisation de biens et de services à des fins autres que professionnelles ; et les biens détenus par l'assujetti lors de l'annulation de l'enregistrement fiscal. Elle a également prévu des exceptions à la fourniture réputée, notamment lorsque la taxe en amont sur les biens n'a pas été récupérée, lorsque la fourniture est exonérée, ou lorsque la valeur de la fourniture ne dépasse pas les seuils fixés par le règlement d'exécution.

Troisièmement : L'enregistrement fiscal, ses seuils et son annulation

L'enregistrement fiscal constitue la pierre angulaire du système fiscal. La loi a divisé l'enregistrement en deux types : l'enregistrement obligatoire, qu'une personne doit effectuer lorsqu'elle dépasse le seuil d'enregistrement obligatoire de la valeur des fournitures taxables au cours des douze mois précédents, ou lorsqu'il est prévu qu'il soit dépassé dans les trente jours à venir ; et l'enregistrement volontaire, qu'une personne peut effectuer dès lors que la valeur des fournitures ou des dépenses taxables dépasse le seuil d'enregistrement volontaire.

Enregistrement obligatoire

Requis lors du dépassement du seuil d'enregistrement obligatoire de 375 000 AED pour les fournitures taxables sur 12 mois, ou lorsqu'il est prévu qu'il soit dépassé dans les 30 jours.

Enregistrement volontaire

Permis lors du dépassement du seuil d'enregistrement volontaire de 187 500 AED pour les fournitures ou dépenses taxables sur 12 mois, ou lorsqu'il est prévu qu'il soit dépassé dans les 30 jours.

La loi a également permis à deux personnes ou plus exerçant une activité de demander à s'enregistrer en tant que « groupe fiscal », sous réserve de certaines conditions, notamment l'existence d'un lieu d'établissement ou d'un établissement stable dans l'État, le fait que les personnes soient des parties liées, et le contrôle de l'une d'elles sur les autres. Elle a permis à l'Autorité d'exclure un assujetti de l'enregistrement si ses fournitures relèvent uniquement du taux zéro — position renforcée par l'amendement introduit par le Décret-loi fédéral n° (18) de 2022.

Quant à l'annulation de l'enregistrement, la loi a imposé à l'inscrit de demander l'annulation s'il cesse d'effectuer des fournitures taxables, ou si la valeur de ses fournitures tombe en dessous du seuil d'enregistrement volontaire. Elle a expressément prévu que l'annulation de l'enregistrement n'écarte pas le droit de l'Autorité de réclamer toute taxe due ou toute amende administrative.

Quatrièmement : Les règles de la fourniture — date, lieu et valeur

La loi a établi trois règles fondamentales pour déterminer le traitement fiscal de chaque fourniture :

Date de la fourniture : Calculée par référence à la plus ancienne de plusieurs dates, telles que la date du transfert des biens ou de leur mise à disposition du destinataire, la date d'achèvement de leur assemblage, la date de réception du paiement, ou la date d'émission de la facture fiscale. La loi a également traité des cas particuliers tels que les contrats comportant des paiements périodiques et des factures successives.

Lieu de la fourniture : En règle générale, le lieu de fourniture des biens est l'État si la fourniture y a lieu, et le lieu de fourniture des services est le lieu de résidence du fournisseur, avec des cas particuliers pour les services liés aux biens immobiliers, au transport, aux télécommunications, aux services électroniques, aux restaurants et aux hôtels.

Valeur de la fourniture : La valeur de la fourniture est la contrepartie diminuée de la taxe lorsque la contrepartie est monétaire, avec des règles particulières pour les fournitures entre parties liées, la fourniture réputée, les remises et les subventions.

La loi a également permis à l'inscrit, dans certains cas précisés par le règlement d'exécution, de calculer la taxe sur la base de la « marge bénéficiaire » réalisée sur les fournitures plutôt que sur la valeur de ces fournitures, à condition d'en informer l'Autorité.

Cinquièmement : Le taux zéro et les exonérations

La loi a distingué entre une fourniture à taux zéro — une fourniture taxable à un taux nul permettant la récupération de la taxe en amont — et une fourniture exonérée qui ne permet pas la récupération de la taxe en amont. Voici les éléments les plus marquants relevant de chacune :

Soumis au taux zéro

  • L'exportation directe et indirecte de biens et de services hors des États appliquant la taxe
  • Le transport international de passagers et de biens et les services qui y sont liés
  • La fourniture et l'importation de moyens de transport aériens, maritimes et terrestres pour le transport de passagers et de biens
  • La fourniture ou l'importation de métaux précieux d'investissement
  • La première fourniture de bâtiments résidentiels dans un délai de 3 ans à compter de l'achèvement de la construction
  • La fourniture et l'importation de pétrole brut et de gaz naturel
  • Les services d'éducation et de soins de santé préventifs et de base et les biens qui y sont liés

Exonéré de la taxe

  • La fourniture de services financiers précisés par le règlement d'exécution
  • La fourniture de bâtiments résidentiels par vente ou location (autre que ce qui relève du taux zéro)
  • La fourniture de terrains nus
  • La fourniture de services de transport local de passagers

Remarque : la Décision du Conseil des ministres n° (100) de 2024 modifiant le règlement d'exécution a introduit des exonérations récentes, dont les services de gestion de fonds d'investissement.

La loi a également traité des « zones désignées », qui sont considérées comme étant hors de l'État dès lors qu'elles remplissent les conditions précisées par le règlement d'exécution, et a établi les règles relatives au transfert des biens vers et depuis ces zones.

Sixièmement : Le calcul de la taxe due, la taxe en amont et la récupération

La taxe due pour toute période fiscale est calculée comme le total de la taxe en aval exigible, diminué du total de la taxe en amont récupérable au cours de cette même période. La taxe en amont récupérable est la taxe payée sur les biens et services utilisés pour effectuer des fournitures taxables.

La loi a également abordé la ventilation et l'ajustement de la taxe en amont, le régime des actifs immobilisés — qui impose à l'assujetti de conserver les registres relatifs aux actifs immobilisés pendant une durée d'au moins dix ans — l'ajustement de la taxe en aval après la date de la fourniture dans des cas tels que l'annulation de la fourniture ou la modification de sa contrepartie, et l'ajustement des créances irrécouvrables. Elle a en outre permis à l'assujetti de récupérer l'excédent de taxe récupérable conformément aux délais et procédures précisés par le règlement d'exécution.

La loi a permis la récupération de la taxe dans des cas particuliers, comprenant : les ressortissants émiriens en ce qui concerne les biens et services liés à la construction d'une nouvelle résidence ; les personnes non résidentes exerçant une activité ; et les gouvernements étrangers, les organisations internationales et les missions diplomatiques conformément aux accords applicables.

Septièmement : Les factures fiscales et la tenue des registres

La loi a imposé à l'inscrit, lorsqu'il effectue une fourniture taxable, d'émettre une facture fiscale originale et de la remettre au destinataire, dans un délai de quatorze jours à compter de la date de la fourniture. Elle a fixé les données que la facture doit contenir conformément au règlement d'exécution, ainsi que les règles de conversion en dirham émirien lorsque la fourniture est libellée en devise étrangère.

Quant à la note de crédit fiscale, la loi en a imposé l'émission en cas de réduction de la taxe en aval, dans un délai de quatorze jours à compter de la survenance de l'événement nécessitant l'ajustement — délai introduit par le Décret-loi fédéral n° (18) de 2022 afin de l'aligner sur le délai d'émission de la facture fiscale.

La tenue des registres :

La loi a obligé l'assujetti à conserver des registres couvrant les fournitures et importations de biens et de services, les factures fiscales et les notes de crédit, les registres des biens exportés, et un registre fiscal contenant la taxe due et récupérable ainsi que les corrections. Elle a également imposé l'inscription du numéro d'enregistrement fiscal sur chaque facture fiscale, note de crédit et document lié à la taxe.

Huitièmement : Les infractions, la fraude fiscale et la prescription

Sans préjudice des dispositions de la loi sur les procédures fiscales, la loi a imposé à l'Autorité d'émettre une évaluation des amendes administratives à l'encontre de la personne et de la lui notifier dans un délai de cinq jours ouvrables à compter de la date d'émission, dans des cas comprenant : le défaut d'affichage des prix taxe comprise, le défaut de notification à l'Autorité lors de l'application de la taxe sur la base de la marge, et le défaut d'émission d'une facture fiscale ou d'une note de crédit fiscale.

Quant à la fraude fiscale, la loi l'a définie comme l'utilisation par une personne de moyens illégaux entraînant la réduction du montant de la taxe due, son non-paiement, ou la récupération d'une taxe à laquelle la personne n'a pas droit. Elle a prévu qu'une personne qui acquiert des biens selon le mécanisme d'autoliquidation en prétendant être un inscrit alors qu'elle ne l'est pas est réputée avoir commis une fraude fiscale.

La prescription :

La loi a introduit (en vertu de l'article 79 bis) des dispositions relatives à la prescription. En règle générale, l'Autorité ne peut effectuer un contrôle fiscal ni émettre une évaluation fiscale après cinq ans à compter de la fin de la période fiscale concernée. Ce délai est porté à quinze ans en cas de fraude fiscale ou de défaut d'enregistrement.

Foire aux questions sur la taxe sur la valeur ajoutée

+Quel est le taux de la TVA aux Émirats arabes unis ?
Le taux standard de la taxe sur la valeur ajoutée est de 5 %, imposé sur la valeur de la fourniture et de l'importation de biens et de services, certaines fournitures étant à taux zéro et d'autres exonérées de la taxe, comme le prévoit la loi.
+Quand l'enregistrement fiscal est-il obligatoire ?
L'enregistrement est obligatoire lors du dépassement du seuil d'enregistrement obligatoire de 375 000 AED pour les fournitures taxables au cours des douze mois précédents, ou lorsqu'il est prévu que ce seuil soit dépassé dans les trente jours à venir, conformément aux seuils fixés par le règlement d'exécution.
+Quelle est la différence entre une fourniture exonérée et une fourniture à taux zéro ?
Une fourniture à taux zéro demeure une fourniture taxable mais à un taux nul, et permet au fournisseur de récupérer la taxe en amont qui s'y rapporte. Une fourniture exonérée, en revanche, n'est pas soumise à la taxe et ne permet pas la récupération de la taxe en amont.
+Qu'entend-on par fourniture réputée ?
Une fourniture réputée est tout ce que la loi traite comme une fourniture et comme une fourniture taxable même si elle n'est pas effectuée à titre onéreux, comme la cession d'actifs de l'activité sans contrepartie, l'utilisation de biens à des fins autres que professionnelles, ou les biens détenus par l'assujetti lors de l'annulation de l'enregistrement, dans les limites des exceptions prévues par la loi.
+Dans quel délai une facture fiscale doit-elle être émise ?
L'inscrit doit émettre la facture fiscale dans un délai de quatorze jours à compter de la date de la fourniture, et le même délai s'applique à l'émission de la note de crédit fiscale à la suite de l'amendement de la loi par le Décret-loi fédéral n° (18) de 2022.
+Quel est le délai de prescription pour effectuer un contrôle fiscal ?
En règle générale, l'Autorité ne peut effectuer un contrôle fiscal ni émettre une évaluation fiscale après cinq ans à compter de la fin de la période fiscale concernée, ce délai étant porté à quinze ans en cas de fraude fiscale et de défaut d'enregistrement.
+Plusieurs sociétés peuvent-elles s'enregistrer en tant que groupe fiscal unique ?
Oui, la loi a permis à deux personnes ou plus exerçant une activité de demander à s'enregistrer en tant que groupe fiscal, à condition que chacune dispose d'un lieu d'établissement ou d'un établissement stable dans l'État, qu'elles soient des parties liées, et que l'une d'elles contrôle les autres.
+L'annulation de l'enregistrement fiscal éteint-elle les obligations antérieures ?
Non, la loi a expressément prévu que l'annulation de l'enregistrement fiscal n'écarte pas le droit de l'Autorité de réclamer toute taxe due ou toute amende administrative.
+Qui assume la responsabilité de la taxe sur les importations ?
La loi a attribué la responsabilité de la taxe à l'importateur des biens concernés, à l'assujetti effectuant toute fourniture taxable, et à l'inscrit qui acquiert des biens selon le mécanisme d'autoliquidation. Une personne non enregistrée doit acquitter la taxe due sur l'importation des biens concernés.

Références juridiques

  • Décret-loi fédéral n° (8) de 2017 relatif à la taxe sur la valeur ajoutée (Décret-loi fédéral).
  • Décret-loi fédéral n° (18) de 2022 modifiant certaines dispositions du Décret-loi fédéral n° (8) de 2017 relatif à la taxe sur la valeur ajoutée (Décret-loi fédéral modificatif).
  • Décision du Conseil des ministres n° (52) de 2017 relative au règlement d'exécution du Décret-loi fédéral n° (8) de 2017 relatif à la taxe sur la valeur ajoutée et ses amendements (Décision du Conseil des ministres).
  • Décision du Conseil des ministres n° (100) de 2024 modifiant certaines dispositions du règlement d'exécution du Décret-loi fédéral n° (8) de 2017 relatif à la taxe sur la valeur ajoutée (Décision du Conseil des ministres).
  • Décision du Conseil des ministres n° (55) de 2017 relative aux organismes caritatifs autorisés à demander la récupération de la taxe en amont (Décision du Conseil des ministres).
  • Loi fédérale n° (7) de 2017 relative aux procédures fiscales et ses amendements (Loi fédérale).
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