Arbitrage

L'arbitrage et la résolution des litiges aux Émirats

L'arbitrage et la résolution des litiges aux Émirats

L’arbitrage aux Émirats est un mode de règlement des litiges en dehors des tribunaux. Les parties en conviennent dans leur contrat ou après la naissance du différend, et il aboutit à une sentence obligatoire qui ne peut être exécutée qu’après son homologation par le tribunal compétent. À ses côtés, la médiation et la conciliation mènent à un accord signé par les deux parties qui devient exécutoire. La question que se pose la personne en litige n’est pas de savoir ce qu’est l’arbitrage, mais : la clause compromissoire de mon contrat est-elle valable ? Où mon litige sera-t-il tranché ? Et comment faire exécuter ou contester la sentence arbitrale ?

Ce guide répond à ces questions dans l’ordre du parcours d’un litige : rédaction de la clause compromissoire, exception d’arbitrage devant les tribunaux, constitution du tribunal arbitral et déroulement de la procédure, puis homologation ou annulation de la sentence, exécution des sentences arbitrales étrangères, médiation et conciliation. Les avocats en arbitrage de AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS à Dubaï accompagnent sociétés et particuliers à chacune de ces étapes, à Dubaï comme dans les autres émirats.

Tous nos articles spécialisés dans ce domaine sont réunis sur la page de catégorie Arbitrage et modes alternatifs de règlement des différends.

Qu’est-ce que l’arbitrage aux Émirats et quand est-ce le bon choix ?

L’arbitrage aux Émirats est régi par une loi fédérale spécifique et repose sur trois piliers : une convention d’arbitrage écrite, un tribunal arbitral indépendant choisi par les parties ou désigné selon leur accord, et une sentence obligatoire revêtue de l’autorité de la chose jugée. Les entreprises choisissent l’arbitrage commercial pour des raisons pratiques : la confidentialité, un arbitre spécialisé en construction, en finance ou en commerce, la maîtrise de la langue de la procédure et une sentence plus facile à exécuter à l’étranger.

En revanche, l’arbitrage peut coûter plus cher pour les petits litiges, et il n’existe pas d’appel sur le fond : la sentence est définitive et ne peut être contestée que par un recours en annulation pour des motifs limités. L’avocat en arbitrage évalue donc la valeur et la nature du litige avant de conseiller l’arbitrage ou la voie judiciaire.

À lire aussi : Les litiges commerciaux aux Émirats

La clause compromissoire : que doit-elle prévoir ?

La plupart des litiges d’arbitrage naissent d’une clause rédigée à la hâte. Une bonne clause compromissoire désigne l’institution ou le règlement d’arbitrage, le nombre d’arbitres, le siège, la langue et le droit applicable. La convention d’arbitrage doit être écrite, et elle l’est si elle figure dans une correspondance échangée ou dans un renvoi exprès à un document qui la contient.

Parmi les erreurs fréquentes : une clause qui attribue compétence à la fois aux tribunaux et à l’arbitrage, une clause qui désigne une institution qui n’existe plus, ou une clause signée pour une société par une personne qui n’a pas le pouvoir de convenir de l’arbitrage. Chacune peut se transformer en un litige distinct sur la compétence avant même l’examen du fond.

À lire aussi : La rédaction des contrats aux Émirats

Je suis assigné en justice alors que le contrat prévoit l’arbitrage : que faire ?

La clause compromissoire n’empêche pas l’autre partie de saisir le tribunal, mais elle vous offre une exception essentielle : si vous l’invoquez avant toute demande ou défense au fond, le tribunal déclare l’action irrecevable. Si vous plaidez d’abord au fond, cela peut valoir renonciation à l’arbitrage. Le premier mémoire dans l’instance est donc le moment le plus critique de tout dossier d’arbitrage.

L’inverse est vrai aussi : si vous estimez que la clause compromissoire est nulle ou ne couvre pas votre litige, l’avocat en arbitrage évalue vos chances de rester devant le juge avant d’engager l’action.

Les centres d’arbitrage aux Émirats : arbitrage institutionnel et ad hoc

L’arbitrage institutionnel se déroule sous l’égide d’un centre d’arbitrage et de son règlement. Les principaux centres du pays sont le Centre international d’arbitrage de Dubaï (DIAC), le Centre international d’arbitrage d’Abou Dhabi (arbitrateAD) et le Centre international d’arbitrage commercial de Charjah (Tahkeem). Dans l’arbitrage ad hoc, les parties et le tribunal arbitral conduisent eux-mêmes la procédure selon la loi, sans institution.

Depuis 2021, les litiges soumis au Centre d’arbitrage maritime des Émirats ou au Centre d’arbitrage DIFC-LCIA ont été transférés au DIAC après la suppression de ces deux centres : toute personne détenant un ancien contrat qui désigne l’un d’eux doit faire vérifier la clause avant de déposer sa demande d’arbitrage. Les arbitrages dont le siège est au DIFC ou à l’ADGM ont leur propre catégorie : DIFC et ADGM.

La constitution du tribunal arbitral et la récusation d’un arbitre

Le tribunal arbitral est composé d’un arbitre unique ou d’un nombre impair d’arbitres ; le plus souvent, chaque partie désigne un arbitre et les deux arbitres désignent le président. À défaut d’accord, l’institution ou le tribunal compétent procède à la désignation. Chaque arbitre doit révéler toute circonstance de nature à faire douter de son impartialité ou de son indépendance, et une partie peut demander sa récusation dans un bref délai à compter de la connaissance du motif, faute de quoi ce droit est perdu.

Le déroulement de l’arbitrage : de la demande aux audiences

L’arbitrage commence par une demande exposant le litige et les prétentions, suivie de la réponse, puis d’un calendrier pour les mémoires, les pièces, les témoins et l’expertise technique, déterminante dans les litiges de construction. Les audiences se tiennent en présentiel ou à distance, la dernière modification de la loi sur l’arbitrage ayant expressément admis les audiences électroniques.

Inutile d’attendre la sentence pour protéger vos droits : des mesures provisoires ou conservatoires peuvent être demandées au tribunal arbitral ou au tribunal compétent, comme une saisie conservatoire sur les biens de l’autre partie, avant même l’ouverture de l’arbitrage.

La sentence m’est favorable : comment la faire exécuter ?

La sentence arbitrale n’est pas exécutoire par elle-même. Une demande d’homologation et d’apposition de la formule exécutoire est présentée à la cour d’appel compétente, puis un dossier d’exécution est ouvert devant le juge de l’exécution avec ses outils habituels : saisie des comptes bancaires, des biens immobiliers et des véhicules, et interdiction de voyager lorsque les conditions sont réunies.

À lire aussi : L’exécution des jugements et l’interdiction de voyager aux Émirats

La sentence m’est défavorable : le recours en annulation

La sentence arbitrale ne peut pas faire l’objet d’un appel sur le fond ; la seule voie est le recours en annulation, introduit dans un bref délai fixé par la loi à compter de la notification de la sentence. Les motifs d’annulation sont limitativement énumérés, notamment : absence, nullité ou caducité de la convention d’arbitrage ; incapacité d’une partie ; atteinte aux droits de la défense ou notification irrégulière ; exclusion de la loi choisie par les parties ; composition irrégulière du tribunal arbitral ; dépassement des limites de la convention d’arbitrage ; et violation de l’ordre public.

L’erreur du tribunal arbitral dans l’appréciation des faits ou des preuves n’est pas, à elle seule, un motif d’annulation. Beaucoup l’ignorent et fondent leur recours sur des arguments que la cour n’admettra pas.

Faire exécuter une sentence arbitrale étrangère aux Émirats

Les Émirats ont adhéré en 2006 à la Convention de New York pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères. Une sentence étrangère s’exécute sur requête au juge de l’exécution, accompagnée de l’original de la sentence, de la convention d’arbitrage et d’une traduction certifiée, et l’exécution ne peut être refusée que pour les motifs limités prévus par la Convention. Le même cadre permet d’exécuter les sentences rendues aux Émirats dans les autres États membres.

À lire aussi : L’exécution des jugements et l’interdiction de voyager aux Émirats

Médiation et conciliation : régler le litige sans sentence

Une loi fédérale spécifique encadre la médiation et la conciliation dans les litiges civils et commerciaux sous deux formes : la médiation judiciaire, ordonnée par le tribunal, et la médiation conventionnelle, convenue par les parties devant un médiateur agréé. L’accord de règlement est signé par les deux parties et le médiateur, puis homologué par le tribunal, ce qui lui confère force exécutoire.

Les centres de conciliation rattachés aux tribunaux, dont le Centre de règlement amiable des litiges de Dubaï, traitent aussi de nombreuses affaires avant leur enrôlement. Une médiation réussie fait gagner du temps et de l’argent et préserve la relation commerciale entre les parties.

Quels litiges vont le plus souvent à l’arbitrage ?

L’arbitrage est fréquent dans les contrats de construction et les modèles FIDIC, dans les litiges entre associés et au sein des entreprises familiales, dans les contrats de fourniture, d’importation et de distribution, et dans les projets de promotion immobilière. Chacun de ces dossiers exige une expertise technique et des pièces différentes.

À lire aussi : Les litiges immobiliers et de construction aux Émirats, Les litiges de sociétés aux Émirats

Qu’est-ce qui ne peut pas être soumis à l’arbitrage ?

L’arbitrage n’est pas permis dans les matières qui ne peuvent faire l’objet d’une transaction, comme les questions de statut personnel relatives à la filiation et au divorce, les matières pénales et tout ce qui touche à l’ordre public. Les litiges que la loi confie à un organe déterminé, comme certains litiges locatifs et du travail, exigent aussi un examen attentif avant de convenir de l’arbitrage.

L’arbitrage devant les tribunaux de Dubaï et le DIAC

Si le siège de l’arbitrage est à Dubaï hors du DIFC, les tribunaux de Dubaï sont compétents pour homologuer la sentence, statuer sur le recours en annulation et en assurer l’exécution, et l’essentiel de l’arbitrage institutionnel s’y déroule devant le Centre international d’arbitrage de Dubaï. L’avocat en arbitrage à Dubaï suit le dossier de la rédaction de la clause et du dépôt de la demande auprès du centre jusqu’à l’homologation ou l’annulation devant les tribunaux de Dubaï, puis l’exécution.

Que préparer avant de consulter un avocat en arbitrage ?

Contrat

Le contrat et la clause compromissoire
Le contrat signé avec ses annexes et avenants, en repérant la clause qui prévoit l’arbitrage ou la compétence des tribunaux.

Correspondance

Correspondances et mises en demeure
Les courriels, lettres et notifications échangés, qui peuvent prouver la convention d’arbitrage ou l’inexécution du contrat.

Pièces

Pièces financières et techniques
Factures, certificats d’achèvement, rapports d’expertise et relevés qui établissent le montant de la réclamation.

Notifications

Toute demande ou sentence reçue
La demande d’arbitrage, l’assignation ou la sentence si elle a été rendue, avec sa date de notification, car les délais courent à partir de celle-ci.

Comment vérifier qu’un avocat est autorisé à exercer ?

Avant de confier un dossier d’arbitrage à un avocat, vérifiez son inscription et sa licence dans l’annuaire des avocats et conseillers juridiques du Département des affaires juridiques du gouvernement de Dubaï. La profession d’avocat est régie par le décret-loi fédéral n° 34 de 2022 relatif à l’organisation de la profession d’avocat et du conseil juridique.

Votre représentant dans l’arbitrage
AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS est un cabinet d’avocats agréé basé à Dubaï et actif dans les sept émirats, qui représente demandeurs et défendeurs devant les centres d’arbitrage et les juridictions compétentes.

Références juridiques

  • Loi fédérale n° 6 de 2018 sur l’arbitrage, modifiée par le décret-loi fédéral n° 15 de 2023

  • Décret-loi fédéral n° 40 de 2023 relatif à la médiation et à la conciliation dans les litiges civils et commerciaux

  • Décret-loi fédéral n° 42 de 2022 portant promulgation du Code de procédure civile

  • Décret fédéral n° 43 de 2006 relatif à l’adhésion de l’État à la Convention de New York pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères

  • Décret n° 34 de 2021 du souverain de Dubaï relatif au Centre international d’arbitrage de Dubaï

  • Décret-loi fédéral n° 34 de 2022 relatif à l’organisation de la profession d’avocat et du conseil juridique

Questions fréquentes sur l’arbitrage aux Émirats

QLa sentence arbitrale est-elle définitive aux Émirats ?

Oui. La sentence arbitrale est définitive et ne peut faire l’objet d’un appel sur le fond. Elle ne peut être contestée que par un recours en annulation pour des motifs limitativement prévus par la loi, et elle est exécutée après son homologation par la cour d’appel compétente.

QPeut-on saisir le tribunal malgré une clause compromissoire ?

Oui, mais si le défendeur invoque la clause avant toute défense au fond, le tribunal déclare l’action irrecevable. S’il plaide au fond sans l’invoquer, cela peut valoir renonciation à l’arbitrage.

QCombien de temps dure un arbitrage aux Émirats ?

La durée est fixée par l’accord des parties ou le règlement du centre, et à défaut par la loi, avec possibilité de prorogation. La durée réelle dépend de la complexité du litige et de l’ampleur de l’expertise technique.

QCombien coûte un arbitrage au DIAC ?

Le coût comprend les frais d’enregistrement et d’administration et les honoraires des arbitres, généralement calculés selon le barème du centre en fonction du montant en litige, auxquels s’ajoutent les honoraires des avocats et des experts.

QQue faire si la clause désigne un centre qui n’existe plus ?

Les litiges soumis au Centre d’arbitrage maritime des Émirats ou au Centre DIFC-LCIA ont été transférés au DIAC, et la clause doit être vérifiée avant le dépôt de la demande.

QL’arbitre doit-il être avocat ou ressortissant émirien ?

Non, sauf accord contraire des parties. L’arbitre doit toutefois avoir la pleine capacité, être impartial et indépendant, et révéler toute circonstance de nature à faire douter de son impartialité.

QLes audiences d’arbitrage à distance sont-elles valables ?

Oui. La modification de la loi sur l’arbitrage permet de tenir les audiences et les délibérations par voie électronique, et elles sont valables sauf accord contraire des parties.

QComment faire exécuter aux Émirats une sentence rendue à l’étranger ?

Par requête au juge de l’exécution selon la Convention de New York, accompagnée de l’original de la sentence, de la convention d’arbitrage et d’une traduction certifiée. L’exécution ne peut être refusée que pour les motifs limités prévus par la Convention.

QQuelle différence entre la médiation et l’arbitrage ?

L’arbitre tranche le litige par une sentence obligatoire, tandis que le médiateur aide les parties à parvenir à un accord de leur plein gré, sans leur imposer de solution.

QL’accord issu de la médiation est-il contraignant ?

Oui. Une fois signé par les deux parties et le médiateur, puis homologué par le tribunal compétent, il devient un titre exécutoire et s’exécute comme un jugement.
Avertissement juridique
Ce contenu est destiné à la culture juridique et à la sensibilisation du public ; il ne constitue pas un avis juridique sur un cas particulier. L’issue de chaque litige dépend du texte du contrat et de la clause compromissoire, des pièces et des faits : votre dossier doit être examiné par un avocat agréé avant toute démarche.
En cas de divergence entre cette traduction et le texte arabe, le texte arabe fait foi.
Dubaï
AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS fournit les services d’un avocat en arbitrage à Dubaï : rédaction et revue des clauses compromissoires, représentation des parties dans les arbitrages devant le Centre international d’arbitrage de Dubaï, homologation et annulation des sentences devant les tribunaux de Dubaï, exécution des sentences nationales et étrangères, et médiation et conciliation dans les litiges commerciaux.
Autres émirats
L’activité du cabinet en arbitrage et en modes alternatifs de règlement des différends s’étend à Abou Dhabi devant le Centre international d’arbitrage d’Abou Dhabi et les tribunaux du Département judiciaire, à Charjah devant le Centre international d’arbitrage commercial de Charjah et ses tribunaux, ainsi qu’à Ajman, Oumm al-Qaïwaïn, Ras el-Khaïmah et Fujaïrah, pour l’homologation, l’annulation et l’exécution des sentences arbitrales.