Comment déterminer les honoraires d'avocat à Dubaï
Le coût du recours à un avocat figure parmi les premières préoccupations du client avant de s'engager dans un litige. Beaucoup confondent les honoraires de l'avocat avec les frais judiciaires versés au tribunal et les dépens de l'instance, croyant qu'il s'agit d'un poste unique. En réalité, chacun a une nature et une source juridique distinctes, et la question des honoraires est régie par un cadre fédéral actualisé, complété par une strate réglementaire locale dans l'Émirat de Dubaï. Dans cet article, nous expliquons comment les honoraires d'avocat sont déterminés aux Émirats arabes unis et dans l'Émirat de Dubaï selon les dernières mises à jour, et ce que tout client devrait savoir avant de signer une convention d'honoraires.
Comment les honoraires d'avocat sont-ils déterminés aux Émirats arabes unis et dans l'Émirat de Dubaï, et quelles lois les régissent ?
1. Que sont les honoraires d'avocat ?
Les honoraires d'avocat constituent la contrepartie financière à laquelle l'avocat a droit en échange du travail juridique accompli pour son client, qu'il s'agisse d'une plaidoirie devant les tribunaux, d'une consultation ou de la rédaction d'un contrat ou d'un mémoire. Il est essentiel de distinguer précisément trois postes que de nombreux clients ont tendance à confondre :
2. Le cadre juridique régissant les honoraires aux Émirats
La profession d'avocat et la relation entre l'avocat et son client sont régies par le Décret-loi fédéral n° (34) de 2022 portant réglementation des professions d'avocat et de conseil juridique, texte ayant remplacé l'ancienne loi n° (23) de 1991. Au cours de l'année 2025, un ensemble de Décisions du Conseil des ministres a été pris en application de ce texte, parachevant le cadre réglementaire de la profession, notamment :
3. Il n'existe pas de barème officiel fixe — les honoraires sont fixés par convention
Une idée reçue mérite d'être corrigée : la législation émirienne n'établit pas de « grille tarifaire » officielle unifiée pour les honoraires des affaires. Le principe est plutôt que les honoraires sont déterminés par une convention écrite entre l'avocat et le client — la « convention d'honoraires ». Cette convention est la référence première à laquelle on se reporte pour déterminer ce à quoi l'avocat a droit, raison pour laquelle sa rédaction claire et la définition du périmètre du mandat protègent les deux parties d'un litige ultérieur.
Il s'ensuit que la variation des honoraires d'un cabinet à l'autre est naturelle, car elle dépend de la nature et du volume du travail juridique requis et du temps qu'il exige, de l'expérience de l'avocat et de son grade d'inscription, ainsi que du type de juridiction devant laquelle l'affaire est portée et du nombre de degrés de juridiction.
4. Que se passe-t-il en l'absence de convention d'honoraires écrite ?
Une relation entre un avocat et son client peut naître sans qu'une convention d'honoraires expresse ait été signée, faisant surgir un différend sur la contrepartie due. Dans ce cas, le Décret-loi a réglé la question en permettant le recours à la justice : une action est introduite afin de faire évaluer les honoraires et d'en réclamer le paiement selon les formes ordinaires d'introduction de l'instance, le juge évaluant alors le montant dû à la lumière du travail effectivement accompli.
5. L'effet de la révocation de l'avocat sur le droit aux honoraires
Le Décret-loi a posé deux règles claires régissant le cas où le client révoque son avocat :
6. Le décès du client et son effet sur les honoraires
Si le client décède et que ses héritiers décident de ne pas poursuivre le mandat de l'avocat, ce dernier a droit à des honoraires pour les diligences accomplies, en tenant compte de ce qui avait été convenu entre l'avocat et le défunt, si une convention existe. À défaut de convention d'honoraires entre l'avocat et le défunt, l'avocat peut introduire une action afin de faire évaluer les honoraires et d'en réclamer le paiement selon les formes ordinaires.
7. Le privilège de l'avocat sur ses honoraires
Le Décret-loi a conféré aux honoraires des avocats et aux frais qui s'y rattachent un privilège, venant immédiatement après les droits du Gouvernement, sur tout ce qui est revenu au client par l'effet du travail de l'avocat ou du jugement rendu dans l'affaire objet du mandat. Ce privilège constitue une garantie législative protégeant le droit de l'avocat à recouvrer ses honoraires.
8. Honoraires convenus contre honoraires mis à la charge de la partie perdante
C'est l'un des points les plus déroutants pour les clients. Les honoraires convenus sont ce que le client doit à son avocat en vertu de leur convention. En revanche, les « honoraires d'avocat » figurant dans le dispositif des jugements constituent un poste des dépens que le tribunal met à la charge de la partie perdante. La Loi sur la procédure civile n° (42) de 2022 oblige le tribunal à statuer d'office sur les dépens lors du prononcé du jugement mettant fin au litige, lesquels sont supportés par la partie perdante ; lorsque chaque plaideur succombe sur une partie de ses demandes, le tribunal peut les répartir entre les parties.
9. La dimension locale dans l'Émirat de Dubaï et les zones franches
Outre le cadre fédéral, l'Émirat de Dubaï dispose d'une strate réglementaire locale relative à l'agrément et à la supervision de la profession. Le Département des affaires juridiques du Gouvernement de Dubaï est compétent pour réglementer l'exercice des professions d'avocat et de conseil juridique dans l'Émirat, ce qui inclut l'agrément des cabinets d'avocats et de conseil juridique et l'inscription des avocats et conseils juridiques. Parmi ses instruments réglementaires figure la Décision administrative n° (52) de 2022 approuvant les deux règlements d'agrément des cabinets d'avocats et de conseil juridique dans l'Émirat.
Quant aux zones franches juridictionnelles, telles que le Dubai International Financial Centre (DIFC) et l'Abu Dhabi Global Market (ADGM), elles disposent de leurs propres systèmes indépendants d'exercice de la profession, et les honoraires y sont purement contractuels selon leurs propres cadres. Néanmoins, l'essentiel de la réglementation de la relation d'honoraires devant les juridictions onshore demeure fédéral, régi par le Décret-loi fédéral n° (34) de 2022 et son Règlement d'exécution, tandis que la strate locale de Dubaï concerne l'agrément, l'inscription et la supervision professionnelle.
10. Conseils pratiques avant de signer une convention d'honoraires
Foire aux questions sur les honoraires d'avocat
Références juridiques
- Décret-loi fédéral n° (34) de 2022 portant réglementation des professions d'avocat et de conseil juridique.
- Décision du Conseil des ministres n° (8) de 2025 portant Règlement d'exécution du Décret-loi fédéral n° (34) de 2022.
- Décision du Conseil des ministres n° (9) de 2025 portant Charte de déontologie de la profession d'avocat et de conseil juridique.
- Décision du Conseil des ministres n° (10) de 2025 portant Règlement relatif aux sociétés professionnelles d'avocats et de conseil juridique.
- Décret-loi fédéral n° (42) de 2022 portant promulgation de la Loi sur la procédure civile et son Règlement d'exécution.
- Décision administrative n° (52) de 2022 approuvant les deux règlements d'agrément des cabinets d'avocats et de conseil juridique dans l'Émirat de Dubaï.
Les informations contenues dans cet article sont de nature générale et sont publiées dans le but de diffuser la culture juridique et de sensibiliser la communauté. Elles ne constituent pas un conseil juridique et ne s'y substituent pas, chaque litige étant soumis à ses propres faits et circonstances. Pour obtenir un avis juridique précis, il est recommandé de contacter le cabinet AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS. En cas de divergence entre cette traduction et la version arabe originale, la version arabe prévaut.
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