Les affaires civiles aux Émirats
Les affaires civiles aux Émirats désignent tout litige entre particuliers, ou entre particuliers et sociétés, portant sur un droit pécuniaire ou une indemnisation en dehors du commerce et du pénal : un prêt non remboursé, un contrat inexécuté, un dommage causé par le fait d’autrui, ou une somme versée sans cause. C’est la porte à laquelle frappent la plupart des gens lorsqu’ils disent « je veux porter plainte », et la première question est toujours la même : que puis-je prouver, et quelle est la voie la plus courte pour récupérer mon droit ?
Beaucoup confondent la voie civile et la voie pénale : ils se rendent à la police pour un litige essentiellement financier, ou renoncent à leur indemnisation après un jugement pénal en leur faveur. La règle pratique est que l’infraction sanctionne son auteur, tandis que l’argent et la réparation relèvent de l’action civile, chaque voie ayant ses preuves et ses délais.
Ce guide présente les affaires civiles et leurs étapes dans un langage pratique, de la réclamation au jugement et à son exécution, et renvoie pour chaque question à un article détaillé de la rubrique Affaires civiles et responsabilité civile : la vue d’ensemble ici, le détail là-bas.
Quand une affaire est-elle civile plutôt que commerciale ou pénale ?
Une affaire est civile lorsqu’elle porte sur un droit pécuniaire ou une indemnisation entre personnes qui n’agissent pas en tant que commerçants pour les besoins de leur commerce : prêt entre amis, vente d’une voiture entre deux particuliers, dommage causé par un voisin, ou faute professionnelle ayant lésé un client. Elle est régie par la loi sur les transactions civiles et relève de la chambre civile. Si le fait constitue aussi une infraction, la victime peut réclamer réparation devant le juge civil ou accessoirement à l’action pénale, selon ce qui convient au dossier.
À lire : Transformer une plainte pénale en litige civil et L’affaire pénale aux Émirats.
Réclamations pécuniaires et dettes entre particuliers
L’affaire civile la plus fréquente est la somme prêtée et non remboursée. Si la créance est établie par écrit, déterminée et exigible, l’ordonnance de paiement est la voie la plus rapide ; sinon, l’action civile. Beaucoup de prêts entre particuliers se font par virement et messages, sans contrat, et c’est alors la collecte et l’organisation des preuves avant la réclamation qui décident de l’affaire.
À lire : La preuve de la dette sans document écrit, Les messages WhatsApp comme preuve d’un prêt, L’ordonnance de paiement : conditions et procédure et Le recouvrement des créances : le client n’a pas payé la facture.
Inexécution du contrat : exécution, résolution ou dommages-intérêts
Si l’autre partie manque à ses obligations, la victime dispose en principe de trois options : exiger l’exécution, résoudre le contrat et récupérer ce qu’elle a payé, ou réclamer des dommages-intérêts, certaines pouvant se cumuler. Le bon choix dépend des termes du contrat, de la possibilité et de l’utilité de l’exécution, et de la mise en demeure préalable que la loi ou le contrat peut exiger.
À lire : La récupération de l’acompte après un désistement d’achat et La rédaction de contrats aux Émirats.
Responsabilité délictuelle : la réparation du dommage
Quiconque cause un dommage à autrui doit le réparer, même en l’absence de contrat. La réparation repose sur trois éléments : un fait dommageable, un préjudice réel et un lien de causalité. Le préjudice peut être matériel, comme la perte d’un bien ou d’un gain, ou moral, comme l’atteinte à la réputation ou la souffrance psychologique, et les deux sont réparables une fois prouvés. Exemple pratique : la diffamation et les insultes sur les réseaux sociaux, pour lesquelles la victime peut réclamer réparation parallèlement à l’action pénale ou après elle.
À lire : Injure, diffamation et divulgation de la vie privée.
Indemnisation des accidents et compagnies d’assurance
Dans les accidents de la route et les blessures, la réparation civile se combine avec les obligations des assureurs. La victime peut réclamer directement à l’assureur dans les limites de la police, saisir les instances compétentes pour les litiges d’assurance, ou le tribunal si sa réclamation est rejetée ou l’indemnité fixée en dessous du préjudice réel. Documenter l’accident, les rapports médicaux et les factures de réparation dès le premier jour est la base de toute réclamation.
À lire : Le recouvrement des créances d’un garage auprès de l’assureur.
Responsabilité du fait d’autrui et du fait des choses
La responsabilité ne se limite pas à l’auteur direct. L’employeur peut répondre du dommage causé par son préposé pendant ou à l’occasion du travail, et le propriétaire d’un bâtiment, d’un animal ou d’une machine peut répondre du dommage qu’ils causent. Ces règles sont importantes car elles offrent à la victime un débiteur plus solvable que l’auteur direct.
Récupérer une somme versée sans cause
Celui qui a viré par erreur une somme sur le compte d’autrui, payé une dette qui n’était pas due ou réglé un service jamais fourni peut la récupérer auprès de celui qui s’est enrichi à ses dépens sans cause légitime. La démarche commence généralement par une mise en demeure documentée, puis par une action en restitution si la somme n’est pas rendue, sachant que cette action a un délai au-delà duquel elle s’éteint.
Responsabilité des professionnels et des dirigeants
Le médecin, l’ingénieur, le comptable, l’entrepreneur ou le gérant de société peuvent chacun engager leur responsabilité civile pour une faute commise dans leur activité au préjudice de leur client ou d’un tiers. Le critère n’est pas le seul résultat, mais la question de savoir s’ils ont apporté la diligence d’un professionnel placé dans les mêmes circonstances, ou atteint le résultat promis. Ces affaires reposent largement sur l’expertise technique ordonnée par le tribunal.
Les délais pour agir en matière civile
Un droit civil ne dure pas éternellement. Chaque type d’action a un délai de prescription au-delà duquel elle n’est plus entendue si l’adversaire l’invoque, et ce délai varie entre l’action en paiement, l’action en responsabilité délictuelle et l’action en restitution. D’où l’importance d’agir tôt et de conserver tout ce qui interrompt la prescription, comme une réclamation ou une reconnaissance de dette.
Du jugement à l’exécution
Un jugement civil en votre faveur ouvre deux étapes : les délais de recours dont l’adversaire peut user, puis l’exécution sur ses biens par la saisie de ses comptes ou de ses biens, pouvant aller jusqu’à l’interdiction de voyager si les conditions sont réunies. À l’inverse, celui qui est condamné dispose de voies de recours et de contestation de l’exécution dans les délais.
À lire : L’exécution des jugements et l’interdiction de voyager aux Émirats, Le jugement par défaut : opposition, appel et cassation et La suspension de l’exécution et l’annulation du titre exécutoire.
Lorsque l’adversaire est à l’étranger
Si le débiteur a quitté le pays ou réside à l’étranger, l’action reste possible, mais la signification exige des procédures particulières, et la question décisive est de savoir où se trouvent ses biens et si le jugement y sera exécuté. L’inverse vaut aussi : un jugement étranger contre une personne ayant des biens aux Émirats peut y être exécuté à certaines conditions.
À lire : Poursuivre une personne en dehors des Émirats et L’exécution d’un jugement étranger aux Émirats.
Les affaires civiles devant les juridictions de Dubaï
La loi sur les transactions civiles et la loi de procédure civile sont fédérales et s’appliquent aux sept émirats, mais la pratique varie selon l’émirat. À Dubaï, certains litiges civils passent par une phase de règlement amiable avant l’enregistrement, les tribunaux disposent de leur propre plateforme électronique pour l’enregistrement, la signification et l’exécution, et une question de compétence peut se poser entre les tribunaux de Dubaï et ceux du DIFC.
À lire : La juridiction chargée des conflits de compétence à Dubaï. Pour l’ensemble des services du cabinet, voir Cabinet d’avocat à Dubaï.
Que préparer avant de contacter un avocat en matière civile ?
Faits
Une chronologie
Ce qui s’est passé, dans l’ordre et avec les dates, qui est l’autre partie et quelle est votre relation, sans explication ni justification.
Preuves
Documents et échanges
Le contrat s’il existe, les virements, reçus, messages, photographies et rapports médicaux ou techniques.
Préjudice
Ce que vous avez réellement perdu
Les sommes versées, les frais de réparation ou de soins, le manque à gagner, et ce qui prouve chaque montant.
Démarches
Ce qui a déjà été fait
Toute plainte, mise en demeure, réclamation ou décision antérieure, avec son numéro et l’autorité qui l’a rendue.
Comment vérifier l’inscription d’un avocat avant de le mandater ?
Avant de signer une procuration, vérifiez que votre interlocuteur est un avocat inscrit et titulaire d’une licence, disposant du droit de plaider devant la juridiction compétente pour votre affaire. Le Département des affaires juridiques du Gouvernement de Dubaï tient un annuaire électronique des avocats, conseils juridiques et cabinets agréés, utile pour vérifier un nom et un cabinet. Les professions d’avocat et de conseil juridique sont régies aux Émirats par le décret-loi fédéral n° 34 de 2022 et son règlement d’exécution.
Si vous êtes à l’étranger, la procuration peut être donnée sans comparution personnelle : Mandater un avocat depuis l’étranger.
Références juridiques
Décret-loi fédéral n° 25 de 2025 portant loi sur les transactions civiles.
Décret-loi fédéral n° 42 de 2022 portant loi de procédure civile.
Décret-loi fédéral n° 35 de 2022 portant loi sur la preuve en matière civile et commerciale.
Décret-loi fédéral n° 38 de 2022 portant code de procédure pénale.
Décret-loi fédéral n° 34 de 2022 régissant les professions d’avocat et de conseil juridique.
Questions fréquentes sur les affaires civiles aux Émirats
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AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS traite les affaires civiles à Dubaï devant les juridictions de tous degrés et les centres de règlement amiable : réclamations pécuniaires et dettes entre particuliers, inexécution et résolution des contrats, actions en réparation du préjudice matériel et moral, restitution de l’indu, responsabilité professionnelle et exécution des jugements civils, en demande comme en défense.
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