Faillite et insolvabilité

Faillite et insolvabilité aux Émirats

Faillite et insolvabilité aux Émirats

La faillite et l’insolvabilité aux Émirats ne sont pas la fin du chemin, comme beaucoup le pensent, mais deux voies juridiques organisées pour celui qui ne peut plus payer ses dettes : la faillite pour les sociétés et les commerçants, l’insolvabilité pour les particuliers non commerçants. Demandées à temps, toutes deux offrent une protection contre les poursuites individuelles des créanciers et une chance de transiger ou de se restructurer avant la liquidation. L’erreur la plus coûteuse est d’attendre que s’accumulent les dossiers d’exécution et les interdictions de voyager avant de chercher une solution.

De l’autre côté se trouve le créancier : fournisseur, banque ou associé qui voit son débiteur vaciller et doit savoir s’il poursuit l’exécution individuelle, demande la faillite du débiteur ou rejoint le règlement pour préserver son rang dans la répartition. Dans les deux cas, la bonne décision se prend tôt, avant que les actifs ne se dispersent.

Ce guide présente la faillite, l’insolvabilité et la restructuration étape par étape dans un langage pratique, et renvoie pour chaque question à un article détaillé de la rubrique Faillite, insolvabilité et restructuration : la vue d’ensemble ici, le détail là-bas.

Quelle différence entre faillite et insolvabilité aux Émirats ?

La faillite relève de la loi sur la restructuration financière et la faillite et s’applique aux sociétés commerciales et aux personnes ayant la qualité de commerçant. L’insolvabilité relève de la loi sur l’insolvabilité et s’applique aux particuliers non commerçants dont les dettes personnelles se sont accumulées, comme les prêts bancaires et les cartes de crédit. La distinction n’est pas formelle : chacune a son tribunal, ses conditions, sa procédure et ses effets sur le débiteur et ses biens.

Quand une société est-elle en difficulté, et que doit faire son dirigeant ?

Juridiquement, une société est en difficulté lorsqu’elle cesse de payer ses dettes à l’échéance, que sa situation financière est si perturbée qu’elle ne peut y faire face, ou que son passif dépasse son actif. La loi impose alors au débiteur de demander l’ouverture de la procédure dans un délai déterminé, sans attendre. Le retard ne nuit pas seulement à la société : il peut engager la responsabilité des dirigeants pour les dettes contractées après que la difficulté est devenue apparente.

Le règlement préventif : protéger la société avant l’effondrement

Le règlement préventif est conçu pour la société en difficulté financière mais encore capable de poursuivre son activité. Elle présente un plan de paiement ou de rééchelonnement de ses dettes, un syndic est désigné pour en surveiller l’exécution, les poursuites individuelles sont en général suspendues et l’activité continue. Son succès dépend d’un plan réaliste fondé sur des chiffres fiables et de l’accord des créanciers à la majorité fixée par la loi.

La restructuration financière au sein de la procédure de faillite

L’ouverture de la faillite ne signifie pas forcément la vente et la liquidation de la société. Après l’ouverture, le tribunal peut décider de restructurer la société s’il est établi que son sauvetage est possible et plus avantageux pour les créanciers que la vente de ses actifs. Un plan de restructuration ajustant l’échéance ou le montant des dettes est alors approuvé, et l’activité se poursuit sous la surveillance du syndic. La différence entre restructuration et liquidation se joue souvent sur ce qui est présenté au tribunal dans les premières semaines.

À lire : La différence entre liquidation et faillite. Pour les sociétés en général : Les affaires de sociétés aux Émirats.

Déclaration de faillite et liquidation : que deviennent les actifs et les dettes ?

Si le sauvetage est impossible, le tribunal déclare la faillite et liquide les biens du débiteur. Celui-ci est dessaisi de la gestion de ses biens, et le syndic inventorie les actifs, les vend et répartit le produit entre les créanciers selon le rang fixé par la loi : frais et créances privilégiées d’abord, puis créances garanties par hypothèque ou privilège, puis créances chirographaires. Le syndic et les créanciers peuvent contester les actes antérieurs du débiteur qui leur ont nui.

Liquidation volontaire et fermeture : quand la faillite n’est-elle pas nécessaire ?

Toute société qui cesse son activité n’est pas en faillite. Celle dont les associés décident la dissolution et dont les actifs suffisent à payer les dettes est dissoute par liquidation volontaire selon la loi sur les sociétés, sans passer par le tribunal de la faillite. En revanche, la société fermée en pratique sans liquidation, ou dont la licence a expiré sans renouvellement, conserve ses obligations, et ses associés ou son gérant peuvent en répondre. Seule une liquidation régulière clôt réellement le dossier.

À lire : Liquidation volontaire des entreprises : procédures légales, Liquidation des entreprises à Dubaï et Abou Dabi, Sortie d’un associé de la société et Les affaires de sociétés aux Émirats.

Responsabilité du gérant et des associés en cas de défaillance

En principe, le patrimoine de la société est distinct de celui de son gérant et de ses associés, mais la faillite révèle ce qui s’est passé avant elle. Le gérant qui a tardé à demander l’ouverture de la procédure, continué à emprunter en connaissant l’incapacité de payer, dissimulé des actifs ou favorisé un créancier peut être condamné à payer une partie des dettes sur ses propres biens. Certains de ces actes constituent l’infraction de banqueroute simple ou frauduleuse.

À lire : La responsabilité du gérant d’une SARL. Pour la voie pénale : L’affaire pénale aux Émirats.

Le créancier : protéger son droit et participer à la répartition

Le créancier n’est pas spectateur de la faillite. Il peut demander l’ouverture de la procédure contre son débiteur si les conditions de la créance et de la défaillance sont réunies, et il doit déclarer sa créance avec ses pièces dans le délai fixé, faute de quoi il perd sa place dans la répartition. Le créancier garanti par une hypothèque ou un cautionnement n’est pas dans la même position que le créancier chirographaire. La première question pratique reste : l’exécution individuelle est-elle encore plus efficace, ou la faillite est-elle le seul moyen de récupérer quelque chose ?

À lire : Recouvrement de créances : le client n’a pas payé la facture et Les litiges commerciaux aux Émirats.

Banques, chèques et cautions personnelles pendant la procédure

Parmi les plus grandes inquiétudes des débiteurs aux Émirats figurent les chèques impayés et les cautions personnelles signées en garantie des facilités de la société. L’ouverture de la procédure peut suspendre certaines poursuites individuelles liées aux dettes de la société, mais son effet sur la caution personnelle et sur le chèque varie selon la nature de l’engagement et le stade de la procédure. Les garanties personnelles doivent donc être étudiées avant le dépôt de la demande, et non après.

À lire : Chèque de garantie de prêt impayé : stopper l’exécution de la banque et Intérêts conventionnels de retard sur les prêts. Pour les chèques : Les affaires de chèques et de banques aux Émirats.

L’insolvabilité des particuliers : la solution pour le débiteur non commerçant

Le salarié ou la personne disposant d’un revenu qui a accumulé prêts et cartes de crédit sans pouvoir les rembourser ne relève pas de la faillite, mais de la loi sur l’insolvabilité. Celle-ci lui permet de demander un règlement avec ses créanciers sous le contrôle du tribunal et d’un expert, regroupant ses dettes dans un plan de remboursement unique, avec suspension des poursuites individuelles. Si le règlement échoue, ses biens peuvent être liquidés et son insolvabilité déclarée. La demande suppose des conditions liées au montant des dettes et à la durée du défaut de paiement.

À lire : Avocat en insolvabilité : conditions et délais et Cartes de crédit et accumulation des intérêts.

Rééchelonnement des dettes et règlement amiable avant le tribunal

Toute défaillance n’exige pas un tribunal. De nombreuses dettes, notamment bancaires, peuvent être rééchelonnées ou réglées à l’amiable par un accord écrit fixant le montant et les échéances, renonçant à tout ou partie des intérêts et mettant fin aux procédures en cours. Le règlement amiable est plus rapide et moins coûteux, mais il exige une rédaction précise pour que l’accord ne soit pas remis en cause et que l’exécution et les interdictions de voyager soient levées dès qu’il est respecté.

À lire : Rééchelonner et régler ses dettes avec les banques et Intérêts conventionnels sur les prêts.

Exécution individuelle et interdiction de voyager pendant la procédure

L’un des effets les plus importants de l’ouverture de la procédure, qu’il s’agisse d’un règlement préventif, d’une faillite ou d’une insolvabilité, est la suspension des poursuites et de l’exécution individuelles contre le débiteur dans les limites fixées par la loi. C’est ce qui rend le calendrier décisif : celui qui demande la protection tôt regroupe ses dossiers en une seule procédure, celui qui tarde trouve ses biens saisis et l’interdiction de voyager en place avant même de commencer.

À lire : L’exécution des jugements et l’interdiction de voyager aux Émirats, Sursis à exécution et annulation du titre exécutoire et Levée de l’interdiction de voyager.

Faillite et insolvabilité devant les tribunaux de Dubaï

Les lois sur la faillite et l’insolvabilité sont fédérales et s’appliquent dans les sept émirats, mais la procédure pratique varie selon la juridiction compétente : à Dubaï, les demandes de faillite et d’insolvabilité sont examinées par des chambres spécialisées des tribunaux de Dubaï via leur plateforme électronique. Les sociétés immatriculées au Centre financier international de Dubaï relèvent de leur propre loi sur l’insolvabilité et de juridictions indépendantes, et identifier le régime applicable est une première étape qui peut changer toute la stratégie. Un avocat faillite et insolvabilité à Dubaï est celui qui connaît ces voies et choisit la plus adaptée.

À lire : L’autorité judiciaire de règlement des conflits de compétence à Dubaï et L’exécution d’un jugement étranger aux Émirats.

Que préparer avant de contacter un avocat en faillite et insolvabilité ?

Dettes

La liste des créanciers et des montants

Chaque créancier, le montant dû et son échéance, et s’il est garanti par un chèque, une caution ou une hypothèque.

Actifs

Ce que possède la société ou le débiteur

Comptes, biens immobiliers, véhicules et créances sur des tiers, avec le dernier bilan ou les relevés de compte.

Procédures

Affaires et dossiers d’exécution en cours

Numéros des affaires et des dossiers d’exécution, décisions de saisie et d’interdiction de voyager, et l’autorité qui les a rendues.

Plan

Ce que vous pouvez réellement payer

Le revenu ou la trésorerie attendus et ce qui peut être payé chaque mois, base de tout règlement.

Comment vérifier la licence d’un avocat avant de le mandater ?

Avant de signer toute procuration, vérifiez que votre interlocuteur est un avocat inscrit et autorisé, et qu’il peut plaider devant la juridiction compétente pour votre dossier. Le Département des affaires juridiques du gouvernement de Dubaï tient un annuaire électronique des avocats, conseillers juridiques et cabinets agréés, qui permet de vérifier un nom et un cabinet. Les professions d’avocat et de conseil juridique sont régies aux Émirats par le décret-loi fédéral n° 34 de 2022 et son règlement d’application.

Si vous êtes hors du pays, la procuration peut être donnée sans comparution personnelle : Comment mandater un avocat depuis l’étranger. Pour l’ensemble des services du cabinet : Cabinet d’avocat à Dubaï.

Références juridiques

Décret-loi fédéral n° 51 de 2023 portant loi sur la restructuration financière et la faillite.

Décret-loi fédéral n° 19 de 2019 relatif à l’insolvabilité, tel que modifié.

Décret-loi fédéral n° 32 de 2021 relatif aux sociétés commerciales.

Décret-loi fédéral n° 50 de 2022 portant loi sur les transactions commerciales.

Décret-loi fédéral n° 42 de 2022 portant loi de procédure civile.

Décret-loi fédéral n° 31 de 2021 portant loi sur les crimes et les peines.

Loi du DIFC n° 1 de 2019 sur l’insolvabilité.

Décret-loi fédéral n° 34 de 2022 réglementant les professions d’avocat et de conseil juridique.

Questions fréquentes sur la faillite et l’insolvabilité aux Émirats

QLa faillite est-elle un délit aux Émirats ?

La faillite en elle-même n’est pas un délit mais une procédure juridique organisée pour celui qui ne peut plus payer. Certains actes qui l’accompagnent, comme la dissimulation d’actifs ou la faveur accordée de mauvaise foi à un créancier, peuvent toutefois constituer une banqueroute simple ou frauduleuse.

QQuelle différence entre faillite et insolvabilité ?

La faillite concerne les sociétés et les commerçants ; l’insolvabilité concerne les particuliers non commerçants ayant des dettes personnelles. Chacune a sa loi, ses conditions et sa procédure devant la juridiction compétente.

QUne demande de faillite ou d’insolvabilité suspend-elle l’interdiction de voyager et l’exécution ?

L’ouverture de la procédure suspend en général les poursuites et l’exécution individuelles dans les limites fixées par la loi, et la levée de certaines mesures conservatoires peut être demandée, mais cela s’apprécie selon le stade de chaque dossier.

QUn salarié a des prêts et des cartes de crédit qu’il ne peut rembourser : quelle solution ?

Soit un rééchelonnement ou un règlement amiable avec les banques, soit une demande de règlement selon la loi sur l’insolvabilité si ses conditions sont réunies, regroupant les dettes dans un plan de remboursement unique sous le contrôle du tribunal.

QLe gérant répond-il personnellement des dettes d’une société en faillite ?

En principe non, mais il peut en répondre si sa faute de gestion est prouvée : retard à demander l’ouverture de la procédure, emprunts poursuivis malgré l’incapacité de payer, ou dissimulation d’actifs.

QJe suis créancier et mon débiteur est en difficulté : dois-je demander sa faillite ?

Cela dépend de ce que possède le débiteur et de la situation de votre créance. S’il a des actifs connus, l’exécution individuelle peut être plus rapide ; si les créanciers sont nombreux et les actifs s’amenuisent, la faillite peut être le moyen de préserver votre part.

QQuelle différence entre liquidation et faillite ?

La liquidation volontaire est la dissolution ordonnée d’une société capable de payer ses dettes, décidée par ses associés ; la faillite est une procédure judiciaire pour une société incapable de payer, conduite par le tribunal et le syndic.

QUne société peut-elle être sauvée après l’ouverture de la faillite ?

Oui, dans bien des cas : le tribunal peut décider de la restructurer au lieu de la liquider s’il est établi que sa poursuite est possible et plus avantageuse pour les créanciers.

QMa société est immatriculée au DIFC : quelle loi s’applique ?

Les sociétés du DIFC relèvent de la loi sur l’insolvabilité propre au Centre et de ses juridictions indépendantes, non de la loi fédérale ; le régime applicable doit donc être identifié avant toute démarche.

QJe suis hors des Émirats et j’y ai des dettes : puis-je les traiter ?

Oui, par une procuration établie à l’étranger et légalisée par les voies agréées ou numériques, l’avocat négociant ou déposant et suivant la demande pour votre compte dans les limites de la procuration.

Avertissement juridique

Ce contenu est destiné à diffuser la culture juridique et à sensibiliser le public ; il ne constitue pas un avis juridique sur un cas particulier, la solution variant selon les faits, les pièces et la situation financière du débiteur. Pour un avis fiable, les documents doivent être examinés par un avocat spécialisé. En cas de divergence entre la présente traduction et le texte arabe, le texte arabe fait foi.

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