Litiges commerciaux

Importer de Chine : Comment protéger votre argent des fournisseurs et des intermédiaires ?

Importer de Chine : Comment protéger votre argent des fournisseurs et des intermédiaires ?

Importer de Chine ne met pas votre argent en danger lorsque deux éléments sont réunis : un contrat écrit qui précise qui est réellement votre cocontractant et à quoi il s'est engagé, et un mode de paiement qui ne fait pas sortir l'argent de vos mains avant que vous ayez vérifié la marchandise. La plupart de ceux qui ont perdu de l'argent avec un fournisseur chinois ou un intermédiaire ne l'ont pas perdu parce que la loi ne les protégeait pas. Ils l'ont perdu parce qu'ils ont viré les fonds sur la foi d'une conversation, de photos et d'une facture pro forma, avant de découvrir, au moment du litige, qu'ils ne savaient ni qui poursuivre ni où.

Le risque, dans l'importation depuis la Chine, ne tient pas au seul fournisseur. L'intermédiaire, qu'il s'agisse d'un bureau d'approvisionnement à Dubaï, d'un agent d'achat en Chine ou d'une personne rencontrée sur les réseaux sociaux, peut être le maillon le plus faible : il reçoit l'argent en son nom, contracte avec l'usine en son nom, puis vous répond, lorsque le problème survient, qu'il n'était qu'un intermédiaire. Cette question ne se tranche pas par les intentions, mais par les documents.

Dans cet article, AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS expose où se situent les risques juridiques de l'importation depuis la Chine, quand votre action relève des Émirats et quand elle relève de la Chine, et ce que le cabinet prend en charge à chaque étape : directement devant les juridictions de l'État, et en coopération avec des cabinets d'avocats agréés en Chine pour ce qui se déroule là-bas. Voir : Les litiges commerciaux aux Émirats.

Où le commerçant perd-il son argent en important de Chine ?

Quatre situations reviennent dans les dossiers d'importation depuis la Chine, et toutes commencent bien avant l'expédition :

Un acompte sans garantie

Le premier versement est envoyé sur un compte qui ne porte pas le nom de la société contractante, ou sur un compte personnel, ce qui rend difficile de prouver ensuite que l'usine a reçu quoi que ce soit.

Une marchandise non conforme à l'échantillon

La cargaison arrive avec des caractéristiques inférieures, et le contrat ne décrit pas le produit d'une manière opposable ; le litige devient alors parole contre parole.

Un intermédiaire sans qualité définie

Le commerçant paie l'intermédiaire sans aucun écrit indiquant s'il est son mandataire, son vendeur ou un simple courtier, et la responsabilité se perd entre l'intermédiaire et l'usine.

Un contrat impossible à exécuter

Un modèle tout fait, ou un contrat envoyé par le fournisseur lui-même, qui ne désigne ni loi applicable ni juridiction, ou qui désigne une instance d'où l'on ne peut atteindre les biens du fournisseur.

Ce ne sont pas des erreurs commerciales mais des failles juridiques, et les examiner avant le virement coûte bien moins cher que de les traiter après.

Acheter directement au fournisseur chinois ou passer par un intermédiaire : qui poursuivre ?

La première question que pose l'avocat dans tout litige d'importation depuis la Chine est la suivante : avec qui avez-vous réellement contracté ? La réponse n'est pas toujours celle que croit le commerçant.

Dans l'achat direct, votre adversaire est le fournisseur chinois, dont les biens et l'usine se trouvent en Chine. La valeur de votre contrat se mesure donc à sa capacité d'être exécuté là-bas, et non à la qualité de sa rédaction en anglais. Voir : Que faire en cas de conflit avec un fournisseur étranger ?

Dans l'achat par intermédiaire, votre adversaire peut se trouver ici, aux Émirats, sans que vous y ayez prêté attention. Si l'intermédiaire est une société titulaire d'une licence dans l'État, ou une personne qui y réside, ou s'il a reçu l'argent sur le territoire, les juridictions émiriennes sont en principe compétentes pour connaître du litige en vertu de la loi de procédure civile, et des mesures peuvent être prises sur ses biens ici. C'est une différence pratique considérable entre une action conduite depuis Dubaï et une action conduite dans une ville chinoise.

L'intermédiaire dans l'importation depuis la Chine : vendeur, commissionnaire ou courtier ?

Le mot intermédiaire n'a pas une signification juridique unique. En vertu de la loi sur les transactions commerciales, la responsabilité de l'intermédiaire varie selon sa qualité, et cette qualité se déduit du contrat, des factures et du mode de paiement, non de l'appellation qu'il se donne.

Vendeur

S'il vous a émis la facture en son nom et a encaissé le prix pour son compte, il est vendeur et répond devant vous de la conformité et de la livraison, même si la marchandise provient d'une usine que vous ne connaissez pas.

Commissionnaire

S'il a contracté avec l'usine en son propre nom mais pour votre compte, moyennant une commission, il est tenu d'exécuter vos instructions et de vous rendre compte de ce qu'il a reçu et payé.

Courtier

Si son rôle s'est limité à vous rapprocher du fournisseur et que vous avez contracté directement, sa responsabilité est plus étroite et se limite le plus souvent à l'exactitude des informations transmises et à ce qu'il a expressément promis.

La difficulté est que la plupart des opérations mêlent les trois qualités dans une seule conversation. C'est ici qu'intervient le cabinet : qualifier la relation à partir de ses documents avant le litige, et rédiger un accord d'intermédiation qui fixe la qualité, la commission et celui qui supporte le risque de non-conformité. Voir : Précautions à prendre lors de la médiation dans les transactions commerciales.

Si l'intermédiaire a reçu l'argent puis a disparu ou a nié, l'affaire peut dépasser le litige commercial et présenter un aspect pénal ; l'avocat apprécie l'opportunité d'une plainte au vu des faits.

Le contrat d'importation depuis la Chine : les points de risque avant de signer

Les conseils qui circulent sur l'importation depuis la Chine parlent des moyens de paiement et des sociétés d'inspection. Ils comptent, mais ils ne servent à rien sans un contrat qui les rende obligatoires. Voici quatre points que le cabinet examine dans chaque contrat de fourniture :

Partie

Qui contracte réellement ?

La dénomination légale de la société telle qu'elle figure à son registre, et non son nom commercial en anglais ni celui d'un vendeur. Contracter avec une société de négoce qui n'est pas l'usine change la personne que vous pouvez poursuivre.

Spécifications

La description vaut-elle preuve ?

La description du produit, l'échantillon validé et l'emballage, l'inspection avant expédition étant liée à un droit de refus et non à un simple constat. Voir : Importance de la documentation légale et des vérifications avant importation.

Paiement

Sur quel compte, et contre quoi ?

Chaque versement est rattaché à une étape qui peut être prouvée, et le compte bénéficiaire est désigné dans le contrat lui-même, afin qu'un virement vers un autre compte ne vous soit pas opposé.

Compétence

Où le litige sera-t-il tranché ?

La loi applicable, l'instance qui tranche le litige et la langue du contrat qui fait foi. Cette clause, précisément, ne se copie pas d'un modèle, car le bon choix dépend du lieu où se trouvent les biens de l'autre partie.

La rédaction de ces clauses n'est pas un formulaire à remplir ; le cabinet s'en charge dans le cadre de son activité contractuelle, et ce qui touche au droit chinois est revu avec le cabinet partenaire sur place. Voir : Rédaction des contrats et accords aux Émirats.

Si le produit est votre idée : un NDA suffit-il, ou faut-il un accord NNN ?

Celui qui importe une marchandise finie craint pour son argent. Celui qui fait fabriquer en Chine un produit de sa conception ou sous sa marque craint pour quelque chose de plus précieux : retrouver son produit en vente sous un autre nom. L'accord de confidentialité habituel (NDA) interdit de divulguer l'information à des tiers, mais il n'empêche pas l'usine de l'utiliser pour elle-même, et c'est le risque le plus fréquent. C'est pourquoi on recourt, avec les usines chinoises, à un accord plus large, dit NNN, qui réunit trois engagements :

1

Non-divulgation

L'usine ne transmet ni vos plans ni vos spécifications à quiconque, pas même à une société qui lui est liée.

2

Non-utilisation

L'usine ne fabrique pas le produit pour son compte ni pour celui d'un autre client.

3

Non-contournement

L'usine ne passe pas par-dessus vous pour s'adresser à vos clients ou à vos distributeurs.

Les juridictions ne s'attachent pas au titre de l'accord mais à son contenu et à son caractère exécutoire ; un accord signé sur un modèle étranger tout fait peut donc ne vous donner qu'un faux sentiment de sécurité. L'accord ne suffit d'ailleurs pas à lui seul : une idée abstraite n'est pas protégée par un contrat, et la marque comme le dessin doivent être enregistrés au bon moment. Voir : Propriété intellectuelle et marques commerciales aux Émirats.

Le litige est né avec le fournisseur ou l'intermédiaire : que peut-on faire depuis les Émirats ?

La première démarche du cabinet n'est pas d'engager l'action, mais d'identifier l'adversaire, la juridiction et la preuve. La suite en découle :

Preuve

Conserver la preuve avant qu'elle ne disparaisse

Les conversations, les virements et les factures électroniques ont force probante en vertu de la loi sur la preuve lorsqu'ils sont produits dans la forme requise ; ils sont réunis et consignés avant d'être supprimés ou que le compte soit fermé.

Conservation

Empêcher la fuite des biens

Si l'adversaire dispose de fonds, de marchandises ou de créances dans l'État, une demande de saisie conservatoire est envisagée avant qu'ils ne lui échappent. Voir : Saisies conservatoires aux Émirats : Quand les demander ?

Réclamation

La mise en demeure, puis le procès ou l'arbitrage

Une mise en demeure, puis une action devant la juridiction compétente si l'intermédiaire ou l'une des parties à l'opération se trouve dans l'État, ou le recours à l'arbitrage si le contrat le prévoit. Voir : L'arbitrage et la résolution des litiges aux Émirats.

Chine

Quand l'adversaire est une usine sans biens ici

Le dossier est conduit en coopération avec des cabinets d'avocats agréés en Chine, notre cabinet restant l'interlocuteur du client et assurant le suivi.

Les Émirats et la Chine sont liés par une convention de coopération judiciaire en matière civile et commerciale, et tous deux sont parties à la Convention de New York pour l'exécution des sentences arbitrales étrangères. Mais en bénéficier dépend de ce qui a été écrit dans le contrat dès l'origine. Et n'attendez pas : les réclamations sont soumises à des délais de prescription, et la marchandise défectueuse à des délais de notification que le contrat peut prévoir.

Avocat pour les affaires d'importation depuis la Chine : ce que fait le cabinet à chaque étape

Avant le paiement

Un examen qui précède le virement

Examen des documents du fournisseur et de l'intermédiaire, qualification du rôle de l'intermédiaire, et signalement de ce qui manque avant que l'argent ne parte.

À la signature

Un contrat adapté à votre opération

Rédaction ou révision du contrat de fourniture, de l'accord d'intermédiation et de l'accord de confidentialité, et non un modèle général.

En cas de litige

Représentation dans l'État

Appréciation de la situation à partir des documents, mise en demeure, négociation et représentation devant les juridictions de l'État et les centres d'arbitrage.

En Chine

Coopération avec des cabinets agréés

Coordination avec des cabinets d'avocats agréés sur place pour tout ce qui exige une démarche devant les autorités chinoises.

Quand contacter un avocat lorsque vous importez de Chine ?

Avant le premier virement, pas après

L'examen du contrat et des coordonnées bancaires prend peu de temps au regard d'un procès.

Quand le fournisseur demande à changer de compte bancaire

Le changement de compte par courriel est l'une des formes de fraude les plus connues ; il se vérifie avant tout paiement.

Quand l'intermédiaire refuse d'écrire

Le refus de signer un accord fixant sa qualité et sa commission est un signal juridique avant d'être un signal commercial.

Quand la marchandise arrive non conforme

Ne la cédez pas et ne la vendez pas avant d'avoir consulté ; en disposer peut être interprété comme une acceptation.

Références juridiques

  • Loi sur les transactions commerciales promulguée par le décret-loi fédéral n° 50 de 2022

  • Loi sur les transactions civiles promulguée par le décret-loi fédéral n° 25 de 2025

  • Loi de procédure civile promulguée par le décret-loi fédéral n° 42 de 2022

  • Loi sur la preuve en matière civile et commerciale promulguée par le décret-loi fédéral n° 35 de 2022

  • Loi fédérale n° 6 de 2018 relative à l'arbitrage

  • Décret-loi fédéral n° 36 de 2021 relatif aux marques

  • Convention de New York de 1958 pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères

  • Convention de coopération judiciaire en matière civile et commerciale entre les Émirats arabes unis et la République populaire de Chine

Une opération d'importation depuis la Chine, ou un litige avec un fournisseur ou un intermédiaire ?

Envoyez vos documents à AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS afin que votre situation juridique soit examinée avant toute démarche.

Le périmètre de la mission est fixé après examen des documents

Questions fréquentes sur l'importation depuis la Chine

QQuelle est la meilleure façon d'importer des marchandises de Chine sur le plan juridique ?

Il n'existe pas de méthode unique, mais la règle est de connaître votre cocontractant par sa dénomination légale, d'avoir un contrat écrit qui fixe les spécifications, le paiement et l'instance compétente, et de ne virer l'argent que sur un compte mentionné au contrat. L'achat direct et l'achat par intermédiaire sont tous deux possibles ; la différence tient à la personne que vous poursuivrez en cas de litige.

QComment vérifier un intermédiaire ou une société d'importation depuis la Chine avant de traiter avec elle ?

Demandez sa licence commerciale et vérifiez que son activité couvre ce qu'elle propose, que le compte sur lequel vous paierez est à son nom et non à celui d'un particulier, et signez avec elle un accord qui fixe sa qualité et sa commission. Un intermédiaire titulaire d'une licence aux Émirats peut être poursuivi ici ; un compte anonyme sur les réseaux sociaux n'a pas d'adresse.

QJ'ai payé un intermédiaire à Dubaï et la marchandise n'est pas arrivée de Chine : que faire ?

Réunissez les reçus de virement, les conversations et les factures, et n'acceptez aucun arrangement verbal. On détermine d'abord si l'intermédiaire est vendeur ou mandataire, puis une mise en demeure lui est adressée ; la saisie conservatoire et l'action devant la juridiction compétente sont envisagées, ainsi que la voie pénale s'il existe un soupçon d'escroquerie ou d'abus de confiance.

QPuis-je poursuivre un fournisseur chinois devant les juridictions des Émirats ?

Cela dépend du contrat et de ce qui rattache le litige à l'État, comme le lieu de conclusion ou d'exécution du contrat ou la présence de biens du fournisseur sur le territoire. Un jugement qui ne peut être exécuté sur les biens du fournisseur est de peu d'utilité ; les deux voies sont donc étudiées ensemble : agir ici, ou agir en Chine par l'intermédiaire des cabinets partenaires.

QLa marchandise est arrivée de Chine non conforme à l'échantillon : quels sont mes droits ?

Vos droits dépendent de ce que prévoit le contrat sur les spécifications, l'inspection et le délai de notification du défaut. Notifiez le fournisseur par écrit sans attendre, faites constater l'état de la marchandise par un rapport d'inspection, et n'en disposez pas avant d'avoir pris un avis juridique.

QLes conversations WhatsApp ou WeChat suffisent-elles à prouver l'accord avec le fournisseur chinois ?

Les échanges électroniques ont force probante en vertu de la loi sur la preuve, mais ils sont plus faibles qu'un contrat signé, car ils n'identifient ni la partie juridique ni la compétence, et le titulaire du compte peut aisément les contester. C'est une preuve d'appoint, non un substitut au contrat.

QQuelle différence entre un NDA et un accord NNN pour une fabrication en Chine ?

Le NDA n'interdit que la divulgation, tandis que le NNN interdit à la fois la divulgation, l'utilisation et le contournement. Plus que le nom, ce qui compte est que l'accord soit rédigé de manière à pouvoir être exécuté là où se trouvent les biens de l'usine.

QLa garantie des plateformes d'achat en ligne remplace-t-elle un contrat ?

La garantie de la plateforme couvre ce que la plateforme prévoit, dans ses limites. Elle ne couvre ni ce qui a été convenu en dehors d'elle ni ce qui a été payé hors de ses canaux. Pour les commandes importantes ou les produits sur mesure, elle ne remplace pas un contrat écrit.

✓ Avertissement juridique

Ce contenu est destiné à la culture juridique et à la sensibilisation du public. Il ne constitue ni une consultation juridique ni un avis sur le droit chinois. Ce qui est indiqué sur les procédures hors de l'État est une présentation générale, et chaque dossier fait l'objet d'un examen de ses propres documents. En cas de divergence, le texte arabe fait foi.

Avocat pour les affaires d'importation depuis la Chine à Dubaï

AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS représente les commerçants et les importateurs à Dubaï dans les litiges de fourniture et d'intermédiation commerciale devant les tribunaux de Dubaï et ses centres d'arbitrage, de l'examen du contrat d'importation depuis la Chine jusqu'à l'action contre l'intermédiaire et la demande de restitution des sommes versées.

Les autres émirats

Le cabinet plaide également devant les juridictions d'Abou Dabi, de Charjah, d'Ajman, d'Oumm Al Qaïwaïn, de Ras Al Khaïmah et de Foujaïrah dans les affaires d'importation depuis la Chine et les litiges avec le fournisseur ou l'intermédiaire commercial.